Depuis la journée du lundi, tous les sons convergent sur la présence de l’ancien Président et sénateur à vie Joseph Kabila dans la ville de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, une entité contrôlée par la rébellion de l’Alliance fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC-M23).
Jusqu’ici, l’agenda de l’ancien Président demeure flou. Intervenant sur les ondes de la Radio France internationale (RFI), le secrétaire permanent du PPRD, son parti politique explique cette présence par le souci de Joseph Kabila de discuter avec les dirigeants de la rébellion pour aboutir à la paix.
« Il connait la région de Grands lacs, il connait les acteurs et leur système de jeu. Je crois que sa contribution, c’est de parler avec les gens du M23 pour finalement discuter et savoir comment on peut résoudre le problème ensemble », précise Ramazani Shadary, s’appuyant sur les années de gestion de Joseph Kabila à la tête de la République démocratique du Congo.
Depuis novembre 2021, la rébellion du M23, qui avait été défaite par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et la Brigade d’intervention de la Monusco en 2023, a refait surface. Appuyé par Kigali et Kampala, selon plusieurs rapports de Groupe d’experts des Nations, le M23 a d’abord conquis la cité frontalière de Bunagana en juin 2022 à la limite avec l’Ouganda, avant de s’étendre vers Rutshuru en octobre 2023, ouvrant la brèche vers les territoires de Masisi, Lubero et Nyiragongo.
En janvier et février dernier, les rebelles ont conquis les villes de Goma au Nord-Kivu et de Bukavu au Sud-Kivu, forçant le Gouvernement Congolais à discuter autour d’une table, position jusqu’ici rejetée par Kinshasa.
Emmanuel Ramazani Shadary estime plutôt que le Gouvernement Congolais devrait saluer la présence de cet ancien chef de l’État à Goma. « Il faut saluer cette visite du Président Kabila à Goma pour qu’il puisse parler avec les autres et enfin, ramener la paix », invitant à la contribution de toutes les couches.
Le secrétaire permanent du PPRD précise que la solution à la crise multiforme dont sécuritaire qui secoue la RDC, doit être « globale », soulignant que Joseph Kabila ne fait que sa part à l’image du duo CENCO-ECC, et d’autres acteurs impliqués dans la recherche de la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Guerschom Mohammed Vicci




