Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont essuyé de nombreuses contre-performances, notamment devant les rebelles du M23-AFC qui ont pris le contrôle d’un vaste territoire dans les provinces du Nord et Sud-Kivu dans l’Est de la RDC.
Si de nombreuses voix pointent du doigt l’inefficacité de l’armée Congolaise de part sa composition (fruit des mixages), l’ancien Président et sénateur à vie Joseph Kabila dans son adresse vendredi à la Nation, situe plutôt le problème dans le commandement, qu’il accuse de faillir dans la prise en charge des troupes.
Pour Kabila, l’armée est restée la même, bien qu’elle soit présentée comme un Bouc émissaire. « Pour les avoir formés et conduits au front, je connais nos soldats », commence l’ancien chef de l’État, qui se présente comme architecte des Forces armées de la République démocratique du Congo.
« Bouc émissaires aujourd’hui, de toutes les contre-performances enregistrées sur le champ de bataille, ils ne sont pourtant pas intrinsèquement moins bons, moins nationalistes et moins loyaux. Ce qui a changé entretemps, c’est la qualité du commandement et de leur prise en charge », explique Kabila, qui prend clairement la défense des FARDC.
De la substitution de l’armée à la sous-traitance de la sécurité…
L’ancien Président n’est pas allé par quatre chemins pour dénoncer la sous-traitance de la sécurité, au mépris de l’armée nationale, « bouclier de la Nation et instrument de préservation de l’indépendance nationale et de l’intégrité du territoire national », regrette Joseph Kabila.
Le Sénateur à vie déplore la substitution des Forces armées de la République démocratique du Congo par des « bandes de mercenaires », « des milices tribales » et des forces armées « étrangères ». Joseph Kabila explique que ces troupes ont seulement montré leur limite mais plus encore, « ont foncé le pays dans un chaos indescriptible ».
Dans ce cirque troublant, le Raïs déplore que l’État congolais ait ressuscité des groupes armés pour assurer le maintien de l’ordre public, perdant par ricochet son monopole de la violence. Dans cette logique, « l’armée nationale est vilipendée, conspuée et tournée en dérision », s’attriste-t-il, accusant directement le pouvoir de Kinshasa. « […] par les autorités qui n’assument jamais rien ».
L’ancien chef de l’État critique l’attitude de Kinshasa de « régionaliser le conflit » qui selon lui, aura malheureusement des conséquences « inévitables », et menace directement la stabilité de la région. « Plus grave encore, en faisant des forces négatives, les FDLR ainsi que des centaines de groupes armés congolais, des supplétifs des Forces armées de la République démocratique du Congo, le Gouvernement a ouvert la voie à la régionalisation du conflit », fustige-t-il.
Joseph Kabila a néanmoins salué la décision des chefs d’État de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), qui ont opté pour désengagement de la Mission de la SADC en RDC (SAMIDRC).
Guerschom Mohammed Vicci




