Ce jeudi 30 octobre, un atelier de formation d’une grande importance sur la justice transitionnelle a été officiellement lancé à Beni, capitale provinciale provisoire du Nord-Kivu. Cet événement crucial rassemble les victimes directes des massacres et les représentants des organisations de la société civile de la région, marquant une étape essentielle dans l’approche des violences passées.
L’initiative est portée par l’organisation l’Action pour le développement, l’éducation civique et la défense des droits humains (ADEC/DDH RDC). L’atelier se tient sous le thème :« La justice transitionnelle, un regard sur le passé violent et une promesse pour un avenir meilleur. »
Pour Karpate Tulinabo, coordonnateur de l’ADEC/DDH RDC, l’objectif de cet atelier est de : sensibiliser et former les victimes ainsi que les structures citoyennes sur la justice transitionnelle. Il a rappelé que ce concept représente une « nouvelle donne »en République démocratique du Congo, nécessitant une appropriation complète par la population pour que sa mise en œuvre soit effective.
Les quatre piliers de la justice
Karpate Tulinabo a insisté sur la nécessité de comprendre le cadre complet de ce mécanisme, qui s’articule autour de quatre piliers fondamentaux : la recherche de la vérité, un processus essentiel pour établir les faits et reconnaître les souffrances des victimes. Les poursuites pénales : la nécessité de traduire en justice les auteurs de crimes graves ; les réparations : l’octroi d’une compensation et d’un soutien aux victimes ; les garanties de non-répétition : les réformes institutionnelles visant à prévenir de futures atrocités.
Il a souligné que si les participants écoutent et s’approprient ce concept, la réussite du processus dépendra également de la« volonté des politiques ».
L’appel pressant au FONAREV
Concernant le pilier des réparations, l’ADEC/DDH RDC a lancé un plaidoyer vigoureux à l’endroit du Fonds national de réparation des victimes (FONAREV). Karpate Tulinabo exhorte le FONAREV à
« tourner son regard »vers le Nord-Kivu, et spécifiquement vers les victimes des massacres de Beni, en raison du nombre élevé de personnes concernées et de l’urgence des besoins.Il a rappelé que plusieurs victimes détiennent déjà des décisions de justice leur étant favorables, et qu’un accompagnement du Fonarev est donc un« besoin »crucial.
L’atelier se déroulera sur trois jours durant lesquels, les victimes des massacres seront renforcées en capacité sur tous les aspects de la justice transitionnelle. Les participants ont exprimé leur satisfaction envers les organisateurs, et leur engagement à suivre les principes de ce mécanisme de justice.
Yannick Warangasi





