Fatigués par des décennies interminables de guerre, les jeunes multiplient désormais d’initiatives pour appeler à la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Ces jeunes ont déjà refusé de voir ces années de violences, de déplacements et de refuges engloutir leurs rêves. Pour répondre à la violence, ils brillent par une résilience, qui tient tête aux hommes armés.
Le nom de Miguel Masaisai vous dit sûrement quelque chose. Si pas, ce n’est pas grave. Miguel Masaisai est un cycliste congolais, originaire du Nord-Kivu. Après un périple de 7 000 km entre Goma (RDC) et Prétoria (Afrique du Sud), il s’est lancé dans un défi de 14 000 km, cette fois entre Goma (RDC) et Rabat (Maroc).
Quoi de neuf dans ces deux trajets ? Miguel Masaisai dans le cadre de son initiative « Pedals for peace », parcourt ces distances en vélo. Ah oui, vous avez bien lu : en vélo. Il pédale pour dire à tout le monde que Goma veut la paix, l’Ituri veut la paix, l’Est veut la paix et en somme, la RDC veut la paix.
Ce dimanche 21 juin, un autre jeune, l’athlète Élie Mitima a parcouru 54 km, entre Butembo et Beni, deux villes de la province du Nord-Kivu pour réclamer le retour de la paix dans sa région, dans son foyer, dans sa province, dans ses entités.
Il est passé sous un soleil ardent, au zenith, a défié la poussière pour atteindre son objectif : réclamer le retour de la paix. Sorti de Butembo le matin, il arrive à Beni dans le début d’après-midi.
« Je m’entraîne dans de situations tellement difficiles : Il y a la guerre, le massacre, l’insécurité. Tout ce qui se passe chez nous à l’Est », a lâché Élie Mitima, devant les journalistes venus l’accueillir au rond-point Nyamwisi de Beni.
Cette motivation en elle seule suffit pour que l’athlète se surpasse. Il a des rêves comme tous ces autres jeunes, à réaliser mais pour que cela arrive, les armes doivent se taire. »À travers ce potentiel, j’ai voulu dire au monde que nous vivons, nous nous surpassons », explique-t-il. J’ai rénommé cela« un train de la résilience ».
Au Nord-Kivu, d’un côté, les terroristes ADF continuent de massacrer les populations civiles et de l’autre, la rébellion de l’AFC-M23 demeure active, occupant un territoire important, également dans la province du Sud-Kivu.
Guerschom Mohamed Vicci






