La Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies en RDC et cheffe de la Monusco Bintou Keita s’est envolée dimanche 15 juin de la ville de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, où elle séjournait depuis trois jours.
Bintou Keita avait inscrit son passage dans cette partie occupée par les rebelles du M23-AFC, dans un cadre d’écoutes et d’échanges. Durant cette visite, elle a eu des discussions intenses et de longues heures avec les représentants de la rébellion.
Aucune communication officielle n’a été faite sur le contenu des échanges entre la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies en RDC et les rebelles du M23-AFC. L’intensité de discussions avait notamment conduit à la suspension de deux heures des pourparlers, avant que les deux parties ne reviennent sur la table des pourparlers.
Devant la presse, la cheffe de la Monusco a simplement reconnu que le moment demeure « critique« , avec de tensions persistantes entre les protagonistes, et réitéré la volonté de ses hôtes de trouver une « issue pacifique » à la crise sécuritaire qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo.
Mme Bintou Keita a plus tard rencontré le commandement de la mission de la SADC en RDC (SAMIDRC), qui se trouve en plein processus de retrait et des militaires des FARDC et éléments de la Police nationale congolaise (PNC), qui traînent encore dans les locaux de la Mission onusienne depuis la chute de la ville de Goma entre les mains des rebelles du M23-AFC.
Cette visite de trois jours est intervenue dans un contexte sécuritaire extrêmement tendu, et dans une région troublée par des décennies de guerre dans la sous-région de Grands lacs : les rebelles soutenus par le Rwanda maintiennent de nombreuses entités dont les capitales provinciales du Nord et Sud-Kivu sous leur contrôle, malgré des appels au cessez-le-feu qui ont du mal à se concrétiser.
La cheffe de la Monusco devra s’adresser durant les prochains jours au Conseil de sécurité des Nations, où elle devra présenter la situation sécuritaire de la RDC, et revenir sur ses discussions avec la coalition rebelle qui se renforce du jour au lendemain en hommes et à munitions de guerre.
Guerschom Mohammed Vicci




