Les dirigeants de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC), de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et de l’Union africaine (UA) ont franchi une étape majeure vendredi à Nairobi, en décidant de fusionner leurs mécanismes de paix respectifs pour intensifier les efforts en faveur de la stabilité dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Réunis dans le cadre d’un Sommet conjoint EAC-SADC, co-présidé par le président kényan William Samoei Ruto et son homologue zimbabwéen Emmerson Dambudzo Mnangagwa, les chefs d’État et facilitateurs du processus de paix ont acté la création d’un cadre de coordination unique, sous l’égide de l’Union africaine. Cette initiative vise à harmoniser les approches régionales face à la crise persistante dans l’Est congolais.
Le sommet a vu la participation de figures diplomatiques et politiques de premier plan, dont les anciens chefs d’État Olusegun Obasanjo (Nigeria), Uhuru Kenyatta (Kenya), Catherine Samba-Panza (Centrafrique), Sahle-Work Zewde (Éthiopie) et Mokgweetsi Masisi (Botswana), tous membres du Panel des facilitateurs. Étaient également présents des hauts diplomates, notamment Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’UA, ainsi que les ministres des Affaires étrangères du Kenya et du Zimbabwe.
Les participants ont adopté une série de mesures concrètes notamment la fusion immédiate des structures de paix EAC-SADC et UA dans un cadre conjoint, la création d’un secrétariat coordonné à Addis-Abeba, sous la direction de l’Union africaine, l’harmonisation des mandats du Médiateur de l’UA et du Panel de facilitateurs, la mobilisation centralisée de ressources humanitaires et logistiques et finalement l’alignement de toutes les initiatives sur un processus de paix africain, intégré et piloté par l’UA.
Le sommet a également validé plusieurs documents stratégiques, notamment un plan d’intégration des processus de Nairobi et de Luanda, les termes de référence d’un panel de cinq membres, et une feuille de route pour une médiation inclusive à l’échelle régionale.
Un sommet extraordinaire virtuel sera convoqué dans la semaine pour assurer la diffusion des résolutions adoptées, et un mécanisme de communication sera mis en place auprès de tous les États membres de l’UA.
Les participants ont réitéré leur engagement aux décisions prises lors des précédents sommets de février et mars 2025, à la 1261e réunion du Conseil de paix et de sécurité de l’UA, ainsi qu’à la résolution 2773 (2025) du Conseil de sécurité de l’ONU, affirmant la nécessité d’une réponse africaine unifiée à la crise.
Une reconnaissance collective
Le président kényan William Ruto a été chaleureusement félicité pour l’organisation du sommet, salué comme une avancée significative vers une solution africaine aux conflits africains. Le communiqué final a insisté sur l’urgence d’une action coordonnée pour enrayer l’instabilité dans l’est de la RDC, restaurer l’autorité de l’État et favoriser un retour à la paix pour les populations affectées.
Claudine N. Ilunga




