La clinique « Salama », soutenue par Médecins sans frontières (MSF), se trouve dans une situation alarmante. En seulement trois mois, le nombre de patients admis a quasiment doublé, selon un communiqué diffusé jeudi.
Asiyat Magomedova, cheffe de mission de MSF dans la région, a indiqué que l’organisation a dû déployer un plan d’urgence, incluant l’installation de lits sous tentes pour accueillir les blessés.
« Bien que les admissions aient presque doublé, la réalité est tragique : beaucoup de blessés n’atteignent jamais notre clinique », a-t-elle déploré, soulignant l’ampleur de la crise humanitaire.
L’intérieur de la clinique est saturé : les couloirs sont encombrés, et les brancards sont constamment déplacés par le personnel soignant ou les rares ambulances disponibles. Les patients arrivent avec des blessures graves, allant des fractures ouvertes aux blessures par balles, illustrant les horreurs du conflit qui ravage la région.
Depuis le début de l’année, 250 patients ont été pris en charge pour des blessures graves dont 105, rien qu’entre juillet et août. MSF met en exergue la vulnérabilité des populations civiles en Ituri, devenues des cibles dans un contexte de violences intercommunautaires et d’accroissement des groupes armés.
« Ce qui se passe en Ituri est inacceptable. Les civils sont quotidiennement victimes des atrocités perpétrées par les groupes armés », a affirmé Magomedova, appelant à une protection urgente des populations vulnérables.
Dans son rapport « Risquer sa vie pour survivre », publié en mars, MSF révélait une réalité préoccupante : près d’un tiers des victimes de violences prises en charge en 2024 étaient des femmes et des enfants, soulignant l’urgence d’une intervention pour protéger ces populations.
La Rédaction






