L’accès limité aux services de planification familiale dans plusieurs sites de déplacés de la province de l’Ituri, accroît la vulnérabilité des femmes et des enfants face aux risques sanitaires.
Selon Mme Nana Sumbuso Banura, coordinatrice de la Mutuelle de santé« Ma Priorité »qui lance l’alerte, cette situation préoccupante s’explique par plusieurs facteurs, notamment l’insuffisance des services de santé, les ruptures fréquentes de stocks de contraceptifs, l’insécurité persistante, ainsi que le manque d’informations adaptées aux réalités des populations déplacées.
Elle a également souligné que plusieurs obstacles continuent de limiter l’utilisation effective de la planification familiale dans les sites de déplacés. Il s’agit notamment du manque de moyens financiers, des déplacements répétés liés à l’insécurité, des pesanteurs socio-culturelles, de la désinformation, ainsi que de la faible implication des hommes dans les décisions liées à la santé reproductive.
« Dans un contexte de déplacement où les conditions de vie sont déjà précaires, les grossesses non planifiées augmentent les risques de complications maternelles, de malnutrition et de vulnérabilité des enfants »,a expliqué Mme Nana Sumbuso Banura.
Elle a aussi précisé
que cette situation favorise également les grossesses non désirées, et expose davantage les femmes déplacées à des complications sanitaires, alors qu’elles vivent déjà dans des conditions difficiles dans les sites et familles d’accueil.
La coordonnatrice a toutefois salué les efforts des structures sanitaires locales et des partenaires humanitaires qui interviennent dans la sensibilisation communautaire et l’approvisionnement en méthodes contraceptives.
Selon elle, ces actions ont permis une amélioration progressive du niveau d’information des populations, même si la couverture reste encore insuffisante.
Pour inverser la tendance, Mme Nana Sumbuso Banura recommande le renforcement de la sensibilisation communautaire, l’implication des leaders locaux et religieux, la disponibilité permanente des produits contraceptifs, ainsi qu’une plus grande participation des hommes dans les décisions familiales.
Elle a enfin lancé un appel au gouvernement et aux partenaires techniques et financiers afin de renforcer le financement du secteur, de sécuriser l’approvisionnement en contraceptifs et d’étendre les services de planification familiale dans les zones de déplacés.
Dans la province de l’Ituri, plusieurs milliers de personnes déplacées continuent de vivre dans des conditions précaires en raison de l’insécurité persistante dans plusieurs territoires, une situation qui limite fortement l’accès aux services sociaux de base, notamment la santé.
Chadrack Byaruhanga, depuis Bunia






