Dans sa récente émission, le notable du Nord-Kivu, Muhayirwa Kazungu Simon est revenu sur la manifestation de l’opposition à Kinshasa, et les violences qui ont émaillée. Pour lui, l’actualité politique ne doit pas faire oublier le drame humanitaire qui se joue à l’Est.
« Il est inacceptable qu’on se distraie pendant que le sang coule à Beni »
Simon Kazungu s’indigne du contraste entre Kinshasa et le Nord-Kivu. Alors que la population civile est « sauvagement tuée » à Beni, dans l’Est du pays, la capitale congolaise se mobilise pour des marches politiques et même pour des matchs de football.
« Il est inacceptable qu’au moment où nos frères et sœurs sont massacrés à Beni, environ 43 civils ont été massacrés à Beni à seulement deux semaines. Mais à Kinshasa, la capitale congolaise, on se laisse distraire par des manifestations et des discours politiques », a-t-il déclaré.
Pour le notable, cette indifférence nationale face aux tueries récurrentes dans la région de Beni-Lubero et Ituri constitue un« mépris »envers les victimes.
Revenant sur l’actualité politique du moment, Simon Kazungu estime que si le débat sur la révision de la Constitution est une question majeure pour la démocratie, il ne devrait pas occuper autant l’espace médiatique et politique.
« Certes, la Constitution est importante. Personnellement, je le disais depuis 2008 que cette Constitution n’était pas bonne. Mais aujourd’hui, ce débat ne nous interresse pas car il joue en faveur de l’ennemi. Ces manifestations divisent les Congolais pendant que l’ennemi avance, tue et occupe nos terres », a-t-il martelé.
Pour lui, l’urgence nationale devrait être la sécurisation de l’Est, plutôt que les querelles institutionnelles. Il appelle la classe politique, l’opposition comme la majorité, à mettre une trêve aux confrontations pour présenter un front uni contre les groupes armés.
Un appel à la responsabilité nationale
À travers cette prise de position, Muhayirwa Kazungu Simon exhorte les Congolais à ne pas détourner le regard.
« Tant que Beni saigne, aucune manifestation à Kinshasa ne peut être une priorité nationale »,conclut-il.
Sa sortie intervient dans un contexte où les tueries attribuées aux ADF se poursuivent dans le territoire de Beni, malgré l’état de siège et les opérations militaires en cours.
Richard Maliro






