Le coordonnateur de la Convention pour la révolution populaire (CRP), Thomas Lubanga a conditionné tout processus de paix en Ituri à la levée de l’état de siège et au remplacement du Gouverneur militaire, selon un mémorandum adressé aux autorités congolaises dans le cadre des discussions engagées depuis 2025.
Parmi les principales revendications formulées par son mouvement figurent« la fin de l’état de siège, le rappel du général Johnny Luboya (désormais Gaby Kasongo, Ndlr) à Kinshasa, la réhabilitation des autorités civiles, et la libération des personnes arrêtées pour leur appartenance présumée à la CRP », rapporte ce document cité par plusieurs sources médiatiques.
L’ancien chef de guerre, devenu acteur politico-militaire après sa rupture avec le pouvoir central, accuse également l’administration militaire de l’Ituri d’être à l’origine de la détérioration de la situation sécuritaire dans la province, et réclame l’ouverture de poursuites judiciaires contre certains responsables de l’état de siège.
Selon les informations rendues publiques, plusieurs canaux de discussions auraient été ouverts entre les représentants de la CRP et des émissaires de Kinshasa.
Thomas Lubanga affirme notamment avoir échangé avec des personnalités mandatées par les institutions congolaises ainsi qu’avec des médiateurs ougandais dans le cadre d’initiatives visant à restaurer la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Une rencontre organisée à Kampala en avril 2026 sous médiation ougandaise aurait permis à la CRP de présenter officiellement ses revendications.
Le mouvement affirme toutefois n’avoir reçu, à ce jour, aucune réponse publique et officielle du gouvernement congolais.
Parallèlement à ces démarches politiques, la CRP maintient ses activités sur le terrain. Son chef assure cependant qu’aucune opération offensive n’est actuellement en cours, et justifie cette retenue notamment par le contexte sanitaire marqué par la résurgence de la maladie à virus Ebola en Ituri.
Thomas Lubanga, condamné en 2012 par la Cour pénale internationale pour l’enrôlement d’enfants soldats puis libéré en 2020 après avoir purgé sa peine, avait été associé par le Président Félix Tshisekedi aux efforts de pacification de l’Ituri, avant que ses relations avec les autorités ne se détériorent progressivement à partir de 2024.
Les discussions engagées entre les différentes parties n’ont jusqu’à présent débouché sur aucun accord public susceptible de mettre fin aux tensions persistantes en Ituri.
Chadrack Byaruhanga, depuis Bunia.






