30 août 2023 – 30 août 2025, deux ans sont passés depuis que 57 personnes, selon le Gouvernement congolais, ont été abattues par les Forces armées de la République démocratique du Congo dans l’église Foi naturelle judaïque messianique vers les Nations (FNJMN), située dans le territoire de Nyiragongo, au Nord-Kivu.
Dans le cadre de cette deuxième commémoration, les croyants de cette confession religieuse qui s’attache aux traditions africaines, se sont réunis ce samedi pour honorer les leur, partis si tôt sous les balles.

La représentante des orphelins de cette tragédie humaine, Banyere Musaliya, à peine 15 ans a remémoré le souvenir macabre de ce 30 août 2023. Dans une voix pleine d’angoisses et des yeux couverts de larmes, elle a su porter sur ses épaules, la douleur de tous les enfants qui ont perdu un parent.
La jeune Banyere Musaliya rappelle alors l’innocence de leurs parents : « Ils sont juste arrivés, on leur avait rien fait, ils ont tué », se courbe la représentante des orphelins, s’interrogeant sur le problème lié à la réclamation d’un droit. « Ce que si quelqu’un réclame ses droits, il doit mourir. Si quelqu’un dit la vérité, il doit mourir », s’alarme cette orpheline.

Jeune maman, Cikwanine Kahasha, qui représentait les veuves explique que les massacres avaient débuté à 3 heures du matin, alors que les manifestations pour exiger le départ de la Mission onusienne en RDC (Monusco), n’avaient même pas commencé.
« J’ai été informée aux environs de 16 heures par un militaire que mon mari a été tué », rapporte-t-elle. « Que nous soyons vivants ou morts, les coupables répondront de leurs actes ».

Cikwanine Kahasha appelle alors à une assistance surtout psychologique, pour tourner la page de ce drame. Aux côtés de ceci, elle plaide pour que justice soit faite afin de permettre non seulement aux victimes de souffler, mais aussi aux morts de reposer en paix.
« Nous demandons l’assistance morale. Nous voulons des psychologues qui peuvent nous approcher », insiste-t-elle. « Nous réclamons surtout que justice soit faite pour tout ce qu’ils nous ont fait. Ça peut être aujourd’hui ou demain mais que ça soit une bonne justice », table la représentante des veuves.

Les autorités locales ont souligné de la bouche de Lawrence Kanyuka, point focal communication et porte-parole de l’AFC/M23, que « ce massacre restera à jamais gravé dans nos coeurs ». Lawrence Kanyuka a promis que tous les commanditaires seront poursuivis au moment opportun.
Le 30 août 2023, l’Église Foi naturelle judaïque messianique vers les Nations (FNJMN) a été la cible d’une attaque. Ce jour-là, les croyants prévoyaient une manifestation « pacifique » pour réclamer le départ de la Monusco. Alors que la journée promettait d’être mouvementée avec cette annonce, bien que refuser par l’autorité urbaine, des coups de balles ont été entendus durant les premières heures de la matinée.

Si le Gouvernement congolais maintient son bilan à 57 morts et des blessés, l’Église parle quant à elle, de 103 morts. Ces chiffres (103 morts, Ndlr) sont corroborés par Amnesty international, qui évoque cependant 102 morts.
Lors d’un procès en flagrance, plusieurs militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo dont de l’unité forces spéciales et le colonel Mike Mikombe, commandant de la Garde Républicaine avaient écopé de la peine de prison, allant jusqu’à la peine de mort.
Guerschom Mohammed Vicci




