Derrière les murs de la prison centrale de Kakwangura de Butembo, au Nord-Kivu, un autre visage de Bulengera s’est révélé ce dimanche 28 juin. Accompagné d’une dizaine de membres issus de différentes associations composantes de la société civile, le président de la société civile de cette commune, John Paluku Kameta a effectué une descente solidaire auprès des détenus.
Un geste qui pèse plus que des sacs
Dans sa gibecière, la délégation n’a pas apporté de discours. Elle a apporté du concret : des vivres et des non-vivres. Haricots, farine de manioc, sel, maïs, habits… De quoi soulager, ne serait-ce qu’un instant, le quotidien des locataires de cette maison carcérale.
« C’était une visite éducative pour nos membres. Nous sommes venus leur montrer la souffrance que traversent ces détenus, pour qu’ils soient prudents et évitent de commettre des infractions dans la communauté. Mais nous sommes aussi venus rappeler que la prison n’est pas la fin de l’humanité. Tout détenu reste un citoyen, un fils, un frère de cette ville », a déclaré John Paluku Kameta devant l’administration pénitentiaire et les bénéficiaires.
Bulengera brise le mur de l’indifférence
Ce geste intervient dans un contexte tendu à Butembo, marqué par l’insécurité et la précarité. Pour la société civile, il s’agissait de poser un acte citoyen fort : celui de ne laisser personne au bord de la route, même derrière les barreaux.
Les responsables de la prison ont salué l’initiative, rappelant la surpopulation : 1 341 détenus dont 31 femmes et trois nourrissons, pour une capacité d’accueil de moins de 400 personnes.
Plusieurs détenus, visiblement émus, ont remercié la délégation pour « avoir pensé à nous en ce jour du Seigneur ».
Un appel lancé
Au-delà de l’assistance, la société civile de Bulengera lance un message aux autres structures de la ville : « Si chacun pose une pierre, Kakwangura ne sera plus une maison d’oubli ».
Un acte prestigieux parce qu’il restaure la dignité là où elle est le plus mise à l’épreuve.
Richard Maliro






