Bien que la Déclaration de principes ait été signée le week-end dernier, le processus de paix qui met autour de la table à Doha au Qatar, le Gouvernement Congolais et l’Alliance fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC-M23) est loin de connaître son épilogue : des conditions sont exposées avant Doha 6.
Lors d’une conférence de presse animée ce vendredi 25 juillet à Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu où le M23-AFC a installé son QG depuis fin janvier, Benjamin Mbonimpa, secrétaire permanent du mouvement et chef de la délégation envoyée à Doha a fixé les conditions pour la poursuite des discussions.
Ces préalables sont inscrits dans le cadre des mesures de confiance souvent réclamées par la coalition AFC-M23, pour poursuivre en bon train les pourparlers afin de parvenir à la sortie de la crise sécuritaire en cours dans l’Est de la République démocratique du Congo.
« Si Kinshasa ne libère pas nos prisonniers jusqu’au 27, qu’est-ce que nous allons faire à Doha ? », s’est interrogé Benjamin Mbonimpa, fermant aisément la porte aux poursuites de discussions si les engagements ne sont pas respectés. « Il n’y aura pas de Doha s’il n’y a pas de libération de prisonniers ».
La porte n’est pourtant pas totalement fermée : « Nous allons accepter cela seulement si nos prisonniers sont libérés avant le début de la phase 2. Nous parlons de nos 700 prisonniers ».
Malgré ces conditions, l’AFC-M23 réaffirme son attachement aux pourparlers pour taire les armes. À Doha, le Gouvernement Congolais et l’Alliance fleuve Congo/Mouvement du 23 mars avaient reconnu la nécessité de parvenir à la paix au travers les négociations, prenant ainsi des engagements fermes.
Lors de son passage lundi dernier dans le briefing hebdomadaire du Gouvernement congolais, le Vice-premier ministre en charge de l’intérieur, Jacquemain Shabani avait laissé entendre que les détenus seront relâchés de deux côtés.
« Nous savons par exemple que nous avons de vaillants [militaires] FARDC et même certains de nos concitoyens civils, acteurs, responsables de l’administration publique, acteurs politiques et même défenseur des droits de l’homme qui se trouvent dans des conditions de détention. Certains sur le territoire national congolais, d’autres à l’étranger pour ne pas dire au Rwanda. Ça pourra faire l’objet de leur relaxation de part et d’autre », avait expliqué Jacquemain Shabani.
La Déclaration de principes peine à trouver gain de cause sur le terrain : des affrontements sont devenus récurrents ces derniers jours sur le terrain entre les rebelles du M23-AFC et les résistants Wazalendo, notamment en province du Sud-Kivu. Les prochains jours seront déterminants pour le retour de la paix dans l’Est de la RDC, à condition que les deux parties parviennent à trouver un consensus sur la résolution des « causes profondes » de la sempiternelle guerre de plus de trois décennies.
Guerschom Mohammed Vicci





