Des échanges ont eu lieu ce vendredi 13 juin dans la ville de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu entre les autorités politiques du M23-AFC et la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies en RDC et cheffe de la Monusco, Bintou Keita. Débutés à 10 heures, des échanges se sont arrêtés autour de 14 heures, avant de revenir vers 16 heures pour finir autour de 19 heures, heure locale.
La patronne de la plus importante mission onusienne au monde reconnait que la situation demeure critique, et les tensions restent perceptibles entre les parties impliquées dans le conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo.
« Cette visite intervient à un moment critique, dans un contexte de tensions persistantes », explique Bintou Keita. Cette visite précède son intervention au sein du Conseil de sécurité de Nations unies, où elle devra brosser la situation générale de la République démocratique du Congo, particulièrement sécuritaire.
Pour elle, sa rencontre avec le mouvement rebelle de l’AFC-M23 rentre dans un large processus visant le retour de la paix. « Cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’une continuité d’efforts conjoints entamés depuis quelques mois au profit de la population », précise la cheffe de la Monusco.
Dans sa communication à l’issue des discussions de longues heures avec l’AFC-M23, Bintou Keita rapporte que les autorités politiques du mouvement rebelle ont exprimé leur volonté de trouver une solution « pacifique » à la crise qui secoue la RDC. Dans le même sens, la mission onusienne dit rester ouverte à apporter sa contribution à toute initiative, qui pourra déboucher au retour de paix.
Avant ce passage de la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies en RDC et cheffe de la Monusco Bintou Keita, c’était des Évêques et pasteurs de la CENCO-ECC, qui avaient rencontré les autorités rebelles en vue de présenter leur « Pacte social« , allant dans le sens de mener à un dialogue national entre toutes les parties impliquées dans la crise actuelle.
Bien que cité et accusé par Kinshasa d’être le chef de file, l’ancien Président de la République et sénateur à vie Joseph Kabila a également échangé avec les représentants de la rébellion de l’AFC-M23, lors des consultations entamées dans la ville de Goma. Aucune communication n’est jusqu’ici faite sur la rencontre.
Pendant ce temps, les différents processus de paix entamés notamment à Doha au Qatar et à Washington aux Etats-Unis d’Amérique tardent à donner des résultats escomptés, bien que des signaux positifs se laissent entrevoir. Sur le continent, les facilitateurs désignés autour du médiateur Faure Gnassingbe sont encore dans les préliminaires à l’image de Olusegun Obasanjo, qui a mené des échanges avec des opposants congolais.
La situation reste perplexe sur le terrain, avec des affrontements sporadiques dans certaines régions mais sans une grande conquête de deux côtés. Les prochains jours seront déterminants pour la suite des événements et l’issue des négociations.
Guerschom Mohammed Vicci




