La situation sécuritaire autour de la cité de Minembwe, en province du Sud-Kivu demeure préoccupante ces derniers jours, après la reprise des affrontements entre les forces gouvernementales et la milice locale Twirwaneho, alliée à la rébellion du M23-AFC.
Lors d’un point de presse animé ce lundi 1er septembre à Goma, au Nord-Kivu, Maître Moïse Nyarugabo a dénoncé ce qu’il qualifie d’« acharnement meurtrier », qui vise cette entité. Pour lui, il s’exécute un « plan d’extermination » de la communauté Banyamulenge.
« Depuis quelques mois, nous assistons à un acharnement meurtrier avec une violence d’une intensité singulière », regrette Moïse Nyarugabo. À l’en croire, cette violence va au-delà de la simple volonté de tuer, mais une « véritable obstination à exterminer ».
Parmi les faits qui témoignent de ce souci, Maître Moïse Nyarugabo parle de milliers de personnes tuées, plus de 400 villages rasés ou effacés de la carte, un et demi millions de vaches (économie du peuple Banyamulenge, Ndlr) razziées et à ceci, 80% de la population de hauts plateaux dispersés dans différents camps de réfugiés.
Maître Moïse Nyarugabo attribue ces actes aux milices ethniques, aux Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), avec une complicité de Forces armées de la République démocratique du Congo, des fait qui remontent depuis l’année 2017.
« Quelques années plus tard, le Gouvernement et son armée, qui étaient supposés apporter la sécurité à cette population, ont tourné leurs armes contre cette population », déplore-t-il. Nyarugabo justifie ce changement de posture par le souci de l’armée de combattre la milice Twirwaneho, dont il attribue l’existance par le but de résister aux attaques aux « relents » génocidaires.
Moïse Nyarugabo a indiqué que les forces gouvernementales dont les FARDC, le FDNB (Force de défense nationale du Burundi, Ndlr) et les Wazalendo ont non seulement renforcé leurs positions, mais aussi coordonné des attaques sur Minembwe et ses environs dont à Mukoko, au point zéro, à Bilalo mbili, à Mikeke, à Guereguere et à Rugezi.
Il alerte ainsi sur l’avènement d’une attaque « sans précédent » contre les hauts plateaux. Parmi les éléments qui corroborent sa crainte, Moïse Nyarugabo parle de près de 12 à 15 bataillons de FDNB dans les moyens et hauts plateaux, installés sur 58 positions éparpillées dans différents villages ; le renforcement des positions des FARDC et Wazalendo de Luvungi à Fizi et la menace des drones, se trouvant notamment à Kisangani et à Bujumbura, au Burundi.
Maître Moïse Nyarugabo s’interroge alors sur le pourquoi de ce déploiement autour de la cité de Minembwe alors que selon ses mots, ce renforcement n’est jusqu’ici pas observé sur les lignes de front, où les armes chantent encore l’hymne de la mort. « Pourquoi un tel renforcement ? Pourquoi cet acharnement sur Minembwe ? », s’est interrogé Nyarugabo.
Maître Moïse Nyarugabo appelle le Gouvernement congolais à mettre un terme à l’exécution du plan, qui vise l’extermination de la communauté Banyamulenge. À Gitega, il invite à éviter de contribuer aux massacres des innocents sans défense.
Guerschom Mohammed Vicci




