La gestion du personnel au sein des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) demeure un véritable casse-tête. Malheureusement, même des provinces où les opérations militaires sont en cours, les soldats sont exposés à une série d’évenements, qui ne favorisent pas leur efficacité sur les champs de bataille.

Le Gouverneur militaire de l’Ituri, le lieutenant-général Luboya N’Kashama, commandant des opérations militaires est sorti de son silence pour dénoncer ce qui ne marche au sein de l’armée : un dysfonctionnement en grande échelle qui ne contribue pas au succès face au nombre en cascade de groupes armés, qui naissent du jour au lendemain, surtout dans l’Est de la RDC.
Cette sortie médiatique rencontre l’opération d’identification menée par l’Inspectorat général des Forces armées de la République démocratique du Congo (IG FARDC), pour contrôler les militaires inactifs et les ayants droit des militaires décédés. Pour Luboya, le lendemain du départ de l’équipe de l’IG FARDC est toujours sombre.
« Malheureusement, c’est chaque fois qu’ils passent ici que nous avons des retombées comme celles-là ». Ces retombées touchent la gestion des veuves militaires, qui montent souvent au créneau pour décrier leur oubli durant les opérations d’identification.
Cette dénonciation des veuves militaires n’est pas sans conséquence sur les éléments des FARDC, qui se retrouvent dans des zones opérationnelles. « Un militaire qui est au front comme nos militaires qui sont en train de combattre le CRP/M23. Nos militaires sont en train de mourir. S’il y a un militaire qui est devant l’ennemi et il apprend que les veuves militaires ne sont pas payées, pourquoi ce militaire va se sacrifier ? », s’interroge le Lieutenant-général Luboya N’kashama.
« Il va dire : le jour où je vais mourir, ça sera la même chose pour les enfants. Ça touche vraiment au moral des militaires », regrette le lieutenant-général Luboya N’kashama. « Comment ils vont combattre s’ils savent que s’ils meurent, à leur mort, on ne va pas s’occuper des veuves, qu’on va traiter les veuves comme on est en train de le faire aujourd’hui ». Le commandant des opérations fustige que cette situation contribue à la déstabilisation des missions opérées par l’armée dans la région.
Un autre problème criant, c’est celui des effectifs militaires au sein des Forces armées de la République démocratique du Congo. Le lieutenant-général Luboya N’Kashama a noté avec amertume, que des régiments qui devraient compter 1200 hommes, ne se retrouvent qu’avec un nombre compris entre 300 et 400 militaires.
À ceci, des rations militaires arrivent à peine. Les éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo ne reçoivent que 15 jours d’alimentations, alors que des fonds sont décaissés au niveau du ministère de la Défense nationale. « Aujourd’hui, les militaires mangent 15 jours, les vivres pendant 15 jours mais allez au ministère demander combien d’argent on est en train de donner pour les vivres », déplore-t-il, bien qu’à l’en croire, les fonds ont connu une hausse pour permettre aux militaires de se nourrir pendant trois fois dans une journée.
Le Lieutenant-général Luboya N’kashama appelle au sérieux dans le travail effecué par l’Inspectorat général des FARDC. « Les contrôles-là doivent être des contrôles sérieux », pour inverser la situation actuelle, qui ne plaide pas en faveur des opérations militaires visant à pacifier cette région troublée par des décennies de guerre.
Guerschom Mohammed Vicci




