L’organisation non gouvernementale AIDPROFEN a présenté ce jeudi 10 juillet à Goma, les résultats de l’étude sur la durabilité de retour des déplacés dans leurs milieux d’origine dans la province du Nord-Kivu, à l’Est de République démocratique du Congo.
Ces enquêtes réalisées au mois de mai dernier avec l’appui technique et financier de Programme de Nations unies pour le développement (PNUD) et du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), ont touché 4 de 6 territoires du Nord-Kivu dont celui de Nyiragongo, notamment dans les villages Burambo, Kiribiga, Hehu, Kingarame et Rulimba ; à Beni dont Mabalako/cantine, Oicha/Tenambo, Mutwanga, Mbau, Nobili et Kamango ; dans le Rutshuru : Rugari, Rubare, Ntamugenga, Jomba, Rutshuru centre et Kiwanja ; le territoire de Masisi notamment Sake, Bweremana, Kitshanga, Mweso, Lushebere, Masisi centre et Rubaya, mais également la ville de Goma.

875 menages de retournés dont 53% de femmes et 47% des hommes, aux côtés des 420 personnes déplacées internes, avec un pourcentage 80% de femmes et 20% hommes dans 24 villages éparpillés dans la province ont été touchés par l’étude. M. Pascal Mulindwa, chargé de projet chez AIDPROFEN explique que l’objectif était d’évaluer la durabillté des retours de toutes ces personnes retournées, en analysant notamment les aspects ayant trait à la cohésion sociale, l’éducation, la santé, l’infrastructure, les aspects sociaux de base et sécurité dans les localités de retour.
Loin de la durabilité de retour, l’étude a également focalisée son attention sur l’intention de retour. « En ce qui concerne la durabilité, on a essayé un peu de regarder par rapport à la sécurité des personnes qui sont rentrées. Il y a des incidents qui sont toujours signalés soit en allant vers les points d’eau pour chercher de l’eau ou en allant vers le marché, ou vers les champs », renseigne le chargé de projet chez AIDPROFEN. En eux seuls, ces incidents constituent 63% de menaces que rencontrent les populations retournées.

Au lendemain d’un déplacement, l’éducation des enfants connait des difficultés palpables énormes, qui penalisent nombreux enfants en âge scolaire. L’étude révèle des inquiétudes conséquentes : seuls 63% ont accès à l’éducation de base, 88% d’enfants peinent à trouver des fornitures scolaires, 7% d’écoles endommagées en raison de la guerre et 15% d’écoles manquent de matériels didactiques.
Bien que des chiffres soient alarmants dans quasi tous les aspects, la résilience de la population locale survit : « Dans les localités libérées, les populations commencent à s’adapter petit à petit aux nouvelles autorités », reconnait Pascal Mulindwa, « même si c’est au ralenti par rapport à la collaboration qu’il peut y avoir entre les autorités locales et la population », laissant la porte ouverte à des avancées positives sur cet aspect.

Isaac Kayaya, chargé de programme du bureau du PNUD à Goma, indique que l’idée derrière l’appui apporté à AIDPROFEN, est de s’assurer que le retour des populations qui se trouvaient dans des camps et sites de déplacés autour de la ville de Goma, s’est fait dans des conditions durables, avant toute intervention de différents partenaires humanitaires.
« L’étude nous a permis de voir si au niveau de ces localités de retour, il y avait des infrastructures de base ou socio-communautaires, qui permettent de répondre aux besoins de cette population, mais aussi de comprendre quels sont les réels besoins et leurs desiderata », renseigne-t-il.
Les résultats de cette étude ouvrent la voie à d’autres projets, pour soulager tant soit peu les besoins de ces populations. M. Gaël Mokani, un des participants à cette séance, a focalisé son attention sur les résultats de l’étude qui pour lui, ouvrent la voie à de nouvelles réflexions, afin de trouver des solutions aux problèmes posés par ces personnes retournées.
Guerschom Mohammed Vicci




