La santé mentale devient un enjeu central de politique publique en Ouganda. Selon les données officielles présentées cette semaine, les cas signalés de troubles mentaux ont bondi de 71 % entre 2021 et 2024, une évolution jugée préoccupante par les autorités sanitaires.
D’après le rapport national sur l’état de la population, près d’un quart d’adultes (24 %) et 23 % des enfants seraient concernés. Les facteurs avancés incluent le chômage persistant, en particulier chez les jeunes, ainsi que les pressions liées à l’urbanisation rapide et aux mutations socio-économiques.

Ces chiffres ont été dévoilés par le ministère de la Santé lors du lancement du Rapport sur l’état de la population ougandaise 2025. La ministre de la Santé, Jane Ruth Aceng a averti que cette progression représente « une menace sérieuse pour la productivité nationale et la croissance à long terme », soulignant le lien direct entre bien-être psychologique, performance économique et stabilité sociale.
Le document, élaboré en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la population, projette par ailleurs une population de 48,2 millions d’habitants en 2026. Il insiste sur la nécessité de transformer la dynamique démographique en dividende économique, notamment en réduisant le chômage des jeunes et le taux de dépendance.
Face à l’ampleur du phénomène, les autorités plaident pour un renforcement des dispositifs de prévention, de prise en charge communautaire et d’intégration de la santé mentale dans les politiques publiques sectorielles. L’enjeu dépasse le strict cadre sanitaire : il touche à la cohésion sociale et aux perspectives de développement du pays.
Claudine N. I.




