Six ans après la signature de l’accord de paix de Gety, la Force de résistance patriotique en Ituri (FRPI) ne cache pas son mécontentement face à l’inaction des autorités congolaises.
Lors d’un point de presse à Gety, le porte-parole Muno Munobi a qualifié le bilan de l’accord, signé le 28 février 2020,d’« insatisfaisant ».
Malgré les espoirs suscités par cet accord, de nombreuses promesses essentielles restent lettre morte. Parmi celles-ci figurent:
– La reconnaissance des grades des anciens combattants ;
– L’octroi d’une amnistie ;
– L’intégration dans les forces de défense et de sécurité ;
– La prise en charge dans les sites de cantonnement.
« Ces engagements sont au cœur de l’accord », a souligné Munobi, déplorant l’absence de progrès tangible depuis sa ratification.
Un climat de sécurité précaire
Dans un contexte où l’ouest de l’Ituri demeure instable, marqué par la persistance de groupes armés et l’infiltration d’éléments étrangers, la FRPI affirme avoir respecté ses obligations, tout en restant attachée au processus de paix. Pourtant, la situation actuelle soulève des inquiétudes quant à la capacité des autorités à garantir la sécurité des populations.
Munobi a également interpellé le président Félix-Antoine Tshisekedi, saluant ses efforts pour la stabilité nationale, mais dénonçant la « lenteur » dans l’exécution des engagements gouvernementaux.
La FRPI appelle les autorités congolaises et les partenaires internationaux à redoubler d’efforts pour mettre en œuvre les mesures prévues par l’accord. La situation dans le sud de l’Ituri nécessite une attention urgente, afin d’éviter un retour à la violence qui pourrait compromettre les avancées réalisées jusqu’à présent.
Signé pour mettre fin aux violences dans la région, l’accord de Gety est aujourd’hui dans une impasse. Six ans après, il est temps que les engagements prennent forme pour le bien-être des populations, et la stabilité durable de la province.
Chadrack Byaruhanga depuis Bunia






