La population de Mambasa-Centre a vécu une véritable nuit d’apocalypse entre dimanche 05 et ce lundi 6 avril. Une incursion des terroristes des Forces démocratiques alliées (ADF) a visé le chef-lieu du territoire, situé à 170 km de Bunia, laissant derrière un sillage de désolation.
Le calme habituel de Mambasa a été rompu par des tirs nourris en pleine nuit. Les assaillants ont réussi à s’infiltrer dans le périmètre urbain, avant d’être pris en chasse par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Malgré la riposte des troupes loyalistes qui a permis de repousser l’incursion, le bilan provisoire témoigne de la violence de l’attaque.
Selon les premières informations des sources locales et de la société civile, le constat est amer. Plusieurs civils ont été emmenés de force par les assaillants dans leur fuite. On dénombre également un blessé grave par balle, actuellement pris en charge par les structures sanitaires locales.
Au moins deux habitations ont été incendiées. Des commerces, notamment des boutiques et des pharmacies ont été dévalisés, privant la population de biens de première nécessité et de médicaments.
L’attaque n’a pas épargné le secteur économique. Les installations de la société SMEC, entreprise chargée de la réhabilitation de l’axe routier Mambasa–Dingbo, ont été dévastées. Ce sabotage ciblé contre les outils de développement ralentit un chantier crucial pour le désenclavement du territoire, et la fluidité du trafic sur cet axe stratégique.
Au lendemain de cette nuit blanche, une psychose généralisée règne au sein de la population. Si l’armée assure poursuivre les opérations de ratissage pour sécuriser les environs, le sort des personnes enlevées demeure la préoccupation majeure des familles.
Cette nouvelle attaque au cœur même du chef-lieu du territoire de Mambasa soulève une fois de plus des interrogations sur la sécurisation des agglomérations face à la mobilité des groupes armés dans la province de l’Ituri.
La Rédaction




