L’insécurité persistante dans plusieurs zones de la province de l’Ituri continue de constituer un obstacle majeur aux activités de riposte contre la maladie à virus Ebola, ont indiqué les responsables sanitaires engagés dans la lutte contre cette épidémie.
Selon le Directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP), le Dr Dieudonné Mwamba, les attaques menées par des groupes armés dans certaines localités, ont considérablement affecté les opérations de surveillance épidémiologique, notamment le suivi des contacts.
« Il y a eu quelques semaines où les chiffres du suivi des contacts avaient baissé autour de 28 à 30 %, parce que nos équipes n’avaient pas pu accéder à certaines zones en raison d’attaques signalées dans ces secteurs », a-t-il déclaré.
Il a expliqué que les activités de surveillance nécessitent une présence quotidienne des équipes sur le terrain afin d’identifier rapidement les cas suspects, et d’assurer le suivi des personnes ayant été en contact avec les malades. Toutefois, l’insécurité limite régulièrement l’accès à certaines zones jugées à risque.
De son côté, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, le Dr Roger Kamba a souligné que les défis sécuritaires ne sont pas uniquement liés aux groupes armés.
Il a également évoqué des actes de violence commis par des bandes de jeunes contre les équipes impliquées dans les enterrements dignes et sécurisés.
« Deux agents de la Croix-Rouge ont été blessés à la tête alors qu’ils participaient à un enterrement digne et sécurisé. Ils ont dû être transférés à Kinshasa pour recevoir des soins appropriés », a révélé le ministre.
Face à cette situation, il a indiqué que des postes de police ont été installés à proximité de certains cimetières afin de renforcer la sécurité des équipes, et de permettre une intervention rapide en cas d’incident.
S’agissant des camps de déplacés, le ministre a insisté sur la nécessité de renforcer la collaboration avec les responsables communautaires pour prévenir toute propagation de la maladie au sein de ces populations, particulièrement vulnérables.
Roger Kamba a appelé les autorités locales ainsi que les leaders communautaires à faciliter le dialogue avec les gestionnaires des sites de déplacés afin de permettre aux équipes de riposte d’accéder plus facilement aux populations concernées.
« Il faut absolument que nous puissions avoir un contact facile avec ces camps de déplacés à travers leurs responsables afin d’aider efficacement la riposte », a insisté le Dr Roger Kamba.
Malgré les défis sécuritaires persistants, le gouvernement a réaffirmé sa détermination à poursuivre les interventions sur le terrain, et a appelé les communautés à soutenir les efforts engagés pour contenir l’épidémie et protéger les populations exposées.
Chadrack Byaruhanga depuis Bunia




