Le centre de négoce de Bule, chef-lieu du secteur de Bahema Bajere, est plongé dans l’angoisse ce jeudi 25 décembre par les miliciens de la Convention pour la révolution populaire (CRP), dirigée par l’ancien seigneur de guerre et pensionnaire de la Cour pénale internationale (CPI), Thomas Lubanga.
Une vidéo rapidement devenue virale sur les réseaux sociaux, montre ces hommes armés patrouillant dans le centre de Bule, et affirmant leur contrôle total sur la localité, semant la peur parmi les habitants.
Activités suspendues, population terrifiée…
À Bule, tout est à l’arrêt. Les messes de Noël, le marché et les transports en commun sont paralysés. La population vit dans la peur. Certains habitants et déplacés internes se sont réfugiés près de la base militaire ougandaise (UPDF), jugée plus sûre.
Ces événements font suite à de violents affrontements survenus le 24 décembre entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les miliciens de la CRP. Ces combats aggravent une situation humanitaire déjà précaire. La région souffre depuis des années de l’insécurité armée et de la présence persistante de groupes armés.
Bilan encore incertain
Selon la société civile locale, plusieurs civils ont été touchés par des tirs.
« La peur est omniprésente. Les habitants sont terrifiés, et beaucoup ont fui vers des lieux plus sûrs. La paralysie des activités quotidiennes témoigne de la gravité de la situation », a déclaré Désiré Malodra, acteur de la société civile locale, avant de souligner que le bilan exact des pertes humaines et matérielles reste difficile à établir.
Les miliciens restent une menace
Le chef milice Thomas Lubanga, sanctionné pour le recrutement d’enfants-soldats entre 1999 et 2003, représente toujours une menace majeure pour la sécurité dans la région. La présence de sa milice à Bule, à la veille de Noël, illustre sa capacité à perturber la vie civile, malgré la présence des forces gouvernementales.
La communauté locale espère un retour rapide au calme pour célébrer Noël en sécurité. Mais ces violences rappellent que la paix en Ituri reste fragile. La protection des civils face aux miliciens armés demeure un défi majeur pour les autorités congolaises et leurs partenaires internationaux.
Chadrack Byaruhanga depuis Bunia




