La chefferie de Wagongo, située dans le territoire de Mahagi, traverse une phase particulièrement délicate. Déjà affaiblie par les inondations incessantes du lac Albert, cette région doit désormais gérer l’arrivée massive de populations fuyant l’insécurité dans la chefferie de Bahema Bajere, en territoire de Djugu.
Les tensions entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et des éléments présumés de la Convention pour la révolution populaire (CRP) ont engendré un nouveau mouvement de fuite des habitants.
La situation s’est détériorée début février avec l’assassinat d’un membre de la société civile locale et l’enlèvement d’un dirigeant de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) à Bule. Ces événements ont suscité la panique, poussant des centaines de familles à quitter leurs villages pour trouver refuge à Bunia, à Mahagi-centre et le long des rives du lac Albert.
Wagongo, entre inondations et surcharge humanitaire
La chefferie de Wagongo fait déjà face aux ravages de la montée des eaux du lac Albert. Des infrastructures sanitaires et scolaires ont été submergées, plusieurs maisons endommagées et au moins 29 latrines publiques anéanties. Les activités économiques locales sont au ralenti, accentuant la vulnérabilité des familles.
L’arrivée de nouveaux déplacés dans les zones de santé de Logo, Rimba, Nyarambe et Angumu met une pression supplémentaire sur des communautés hôtes, déjà éprouvées. À Nyarambe, les premières estimations indiquent plusieurs milliers de ménages répartis dans différents secteurs de santé, illustrant l’ampleur des besoins.
Des besoins urgents et variés
Les évaluations initiales soulignent des nécessités prioritaires en abris temporaires, en eau, hygiène et assainissement (WASH), en soins médicaux ainsi qu’en vivres et articles non alimentaires. L’assistance humanitaire, cependant, reste limitée face à l’ampleur de la crise.
Les autorités locales et les acteurs communautaires lancent un appel urgent aux organisations humanitaires et aux partenaires de bonne volonté pour fournir une réponse rapide et appropriée à ces populations, désormais confrontées à une double vulnérabilité : les conséquences des violences armées et les effets dévastateurs des inondations.
Dans un contexte déjà fragile en Ituri, la situation à Wagongo souligne, une fois de plus, l’urgence d’une intervention coordonnée et durable pour prévenir une aggravation de la crise humanitaire dans la région.
Chadrack Byaruhanga depuis Bunia




