La ligue des anciens députés provinciaux de l’Ituri (LADEPI) a au cours d’une réunion tenue ce 20 août à Bunia, dressé un tableau sombre de la situation actuelle en province.
De la sécurité à la politique, passant par la situation humanitaire, sociale et économique, la Ladepi alerte sur ce qu’elle a qualifié d’une crise sans précédent. Elle tire la sonnette d’alarme afin d’appeler le gouvernement provincial et central à plus d’efforts, pour résoudre la situation sur terrain.
Dans sa déclaration rendue publique par son Président du conseil d’administration, Guylain Lobeya Amisi, la Ladepi précise que : « L’Ituri traverse une période particulièrement critique. La population vit dans l’angoisse permanente à cause de l’insécurité ».
Sur le plan sécuritaire, cette déclaration dénonce l’aggravation des attaques armées dans les territoires de Djugu, d’Irumu et de Mambasa, où des groupes armés continuent de terroriser les civils. Cette Ligue invite le gouvernement central ainsi que l’administration militaire, à renforcer des opérations militaires et des solutions durables reposant sur le dialogue communautaire, et la réinsertion des ex-combattants.
Cette ligue rappelle que sur le plan humanitaire, le sort dramatique d’environ 1,8 millions de déplacés internes qui sont privés d’assistance. Sur terrain, il se constate la flambée des prix de denrées alimentaires et produits pharmaceutiques importés de l’Ouganda, la baisse des activités agro-pastorales, la flambée du prix du carburant, ainsi que la destruction des infrastructures de base notamment des écoles, des structures de santé et des routes.
La Ladepi regrette la paralysie persistante des institutions provinciales, qu’elle considère comme un frein majeur au développement. Pour elle, « Il est inadmissible que la province soit en pilotage automatique alors que les défis sont immenses ».
Consciente des répercussions croisées de la crise, la Ladepi propose comme pistes de solutions : la mise en place urgente d’un plan de relèvement rapide de l’Ituri, coordonné avec les partenaires au développement ; un sursaut d’orgueil des acteurs politiques locaux et une intervention plus forte de Kinshasa pour relancer les institutions ; la prise de conscience collective pour redresser la province ; et que les groupes armés déposent les armes, et respectent les engagements issus des dialogues d’Aru I et II.
Pour la Ligue des anciens députés provinciaux de l’Ituri, « L’Ituri ne pourra sortir de cette crise que par la solidarité, la paix et une vision partagée du développement ».
Marcus Akenda




