La situation à Komanda, en Ituri, est marquée par une tension palpable et une émotion persistante, six jours après le massacre atroce d’au moins 43 fidèles dans une église catholique, attribué au groupe armé ADF/MTM, qui a prêté allégeance à l’État islamique.
Depuis début juillet, plus de 30 incidents violents ont été recensés dans cette région, notamment dans un secteur critique englobant les territoires d’Irumu et de Mambasa. Parmi ces événements tragiques, une quinzaine ont été revendiquées par l’État islamique, témoignant ainsi d’une escalade inquiétante.
Ce regain de violence semble avoir été catalysé par l’offensive de l’armée ougandaise contre l’un des principaux camps ADF dans les forêts de Mambasa au début du mois. Depuis cette attaque, le groupe terroriste intensifie sa pression sur la zone et sur l’axe stratégique menant à Komanda.
Des voix s’élèvent au sein de la société civile pour dénoncer ce qu’elles qualifient de « manque d’anticipation » des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Moins présentes dans la région en raison de leur redéploiement vers le Nord-Kivu pour contrer la menace du M23, les FARDC ont cependant renforcé leur présence après l’attaque à Komanda. Pourtant, des experts sécuritaires affirment que cette attaque était prévisible. Les États-Unis avaient émis une alerte deux semaines auparavant sur un risque accru d’attaques « terroristes », ciblant spécifiquement des lieux de culte.
Reagan Miviri, chercheur à Ebuteli, souligne que cette situation soulève des questions cruciales sur le partage et la circulation des renseignements. La nature apparemment planifiée de l’attaque, suggère que les assaillants disposaient d’informations précises sur leurs cibles, ce qui ne peut qu’éveiller des inquiétudes quant à d’éventuelles complicités locales.
Alors que la pression exercée par les ADF/MTM continue d’augmenter avec cette série alarmante d’incidents violents dans la région, il devient impératif d’évaluer les mesures nécessaires pour garantir la sécurité des populations et prévenir d’autres tragédies.
La Rédaction




