En Ituri, l’Église CHRISCO traverse une zone de turbulences. Pas une tempête spirituelle, non, mais un scandale homosexuel qui éclabousse ses plus hauts responsables. Et comme souvent, ce qui choque le plus, ce n’est pas seulement ce que l’on raconte… mais ce que l’on tait.
Depuis plusieurs semaines, des voix s’élèvent pour dénoncer des abus homosexuels commis par des pasteurs en position de pouvoir. Des noms circulent, lourds de responsabilités : le Bishop José Mukoko Tumba, presbyteur depuis plus de seize ans, et le révérend David Amayo, chef de secteur de Mongbalu. Des témoignages accusent ces hommes de Dieu d’avoir transformé la relation pastorale en terrain de manipulation, jusqu’à acheter le silence de jeunes hommes avec des billets de 100 dollars américains.
On parle de relations tarifées, de promesses sonnantes, de victimes prises au piège d’un système où l’argent devient une chaîne invisible. On parle de jeunes de 20 à 30 ans, parfois fragiles, parfois naïfs, dont certains ont fini par accepter de témoigner… mais à voix basse, dans l’ombre, comme s’il s’agissait d’un crime de lèse-majesté que de dire la vérité.
Et que fait l’Église ? Elle se tait. Elle temporise. Pire encore, elle publie un document de « restauration spirituelle » qui, au lieu de rassurer, sonne comme une réhabilitation déguisée, une main tendue… mais aux pasteurs mis en cause, pas aux fidèles blessés. Voilà qui en dit long.
Dans les rangs, la colère est sourde. Les fidèles s’interrogent : pourquoi protéger des hommes, au détriment de la Parole ? Pourquoi cette obsession de sauver l’institution, alors que c’est la foi qui vacille ?
Interrogé par nos confrères de Nouveau écho RDC, le Bishop Mukoko nie tout en bloc. Il parle d’un complot, d’un « dossier monté de toutes pièces » : argument classique. Mais l’ombre reste, et la méfiance s’installe car le silence officiel nourrit plus de soupçons qu’il n’apaise.
Le drame dans cette affaire, ce n’est pas seulement l’éventuelle faute des individus. C’est aussi et surtout, la faillite d’une institution censée guider les âmes, mais qui, à la première secousse, choisit l’opacité.
Si les faits s’avèrent, ce ne sera pas seulement la réputation de deux pasteurs qui sera en jeu : ce sera la crédibilité de toute l’Église CHRISCO en Ituri. Une crédibilité déjà fissurée, et qui risque bien de se briser pour de bon.
« À force de cacher la poussière sous le tapis, on finit toujours par étouffer dans sa propre maison », dit-on.
La Rédaction





