Dans un communiqué des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), publié dimanche 19 avril, l’armée met en lumière une contradiction majeure dans l’évolution récente de la crise sécuritaire à l’Est du pays : la poursuite des hostilités sur le terrain en dépit des négociations en cours sur la scène diplomatique.
Selon les FARDC, des frappes de drones attribuées à la coalition RDF–AFC/M23 ont visé, le 18 avril, des positions militaires congolaises à Mikenge et Kakenge dans les hauts plateaux de Minembwe, en province du Sud-Kivu. Plus préoccupant encore, des zones habitées auraient également été touchées.
Ces attaques interviennent au lendemain d’une session de pourparlers entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23 tenue à Montreux, en Suisse, illustrant un décalage persistant entre dynamique diplomatique et réalité militaire.
Les civils, principales victimes de l’escalade
Le bilan provisoire communiqué fait état de plusieurs victimes civiles, dont des femmes et des enfants. Une situation qui confirme une tendance récurrente dans les conflits à l’Est de la RDC : la population civile demeure la première exposée aux conséquences des affrontements.
Cette évolution fragilise davantage les efforts de construction de la confiance entre les parties engagées dans le processus de paix.
Dans ledit communiqué, l’armée Congolaise met explicitement en cause l’armée rwandaise, accusée d’agir en coalition avec le M23. Une telle déclaration dépasse le cadre d’un simple incident militaire pour s’inscrire dans une logique de confrontation diplomatique entre États.
Face à cette situation, les FARDC annoncent se réserver le droit de riposter« conformément à leur mission régalienne », tout en réaffirmant leur engagement à protéger les populations civiles.
Cette posture traduit un durcissement du ton, susceptible de marquer une nouvelle phase dans la gestion du conflit, où la réponse militaire pourrait reprendre le dessus sur les efforts diplomatiques.
Dodo Muhindo






