Dans une province de l’Est de la République démocratique du Congo confrontée à des défis sécuritaires et sociaux persistants, la question de la réinsertion des personnes privées de liberté demeure largement marginalisée. En Ituri, Unen Uchanda Jean-Baptiste, bibliothécaire en chef de l’Université Shalom de Bunia, plaide pour la création d’une bibliothèque pénitentiaire, qu’il considère comme un outil clé de réhabilitation des détenus.
Des prisons sans véritables outils de rééducation
Pour Unen Uchanda Jean-Baptiste, le constat est préoccupant. La majorité des établissements pénitentiaires de la province fonctionnent sans dispositifs éducatifs adaptés. La prison, censée être un lieu de correction et de préparation à la réinsertion sociale, se limite encore trop souvent à un espace de privation de liberté, sans mécanismes favorisant la reconstruction intellectuelle et morale des détenus.
L’absence de bibliothèques pénitentiaires prive ainsi les personnes incarcérées d’un accès essentiel à l’information, à l’éducation et à la culture. Une situation qui, selon Unen Uchanda Jean-Baptiste, transforme la détention en une expérience purement punitive, augmentant les risques de récidive et réduisant les chances de réintégration sociale après la libération.
La lecture comme levier de transformation en milieu carcéral
Dans ce contexte, Unen Uchanda Jean-Baptiste appelle à la création et à l’équipement de bibliothèques au sein des centres pénitentiaires de l’Ituri. Ces espaces permettraient de promouvoir la culture de la lecture en milieu carcéral, de soutenir la rééducation morale et intellectuelle des détenus, et de leur offrir des compétences utiles pour leur avenir.
Au-delà de la simple mise à disposition de livres, la bibliothèque pénitentiaire est, selon lui, un véritable outil de transformation individuelle. Elle constitue un espace d’apprentissage, de réflexion et d’apaisement, tout en participant à la promotion des droits humains et au respect de la dignité des personnes privées de liberté. À travers la lecture, les détenus peuvent développer leur esprit critique, se former et préparer leur retour dans la société dans de meilleures conditions.
Un plaidoyer adressé aux autorités et aux partenaires
Le projet défendu par Unen Uchanda Jean-Baptiste, prévoit la mise en place d’un fonds documentaire adapté aux réalités carcérales. Celui-ci comprendrait des ouvrages d’alphabétisation et d’éducation de base, des livres de développement personnel et de citoyenneté, des manuels professionnels et techniques, des ouvrages juridiques simplifiés sur les droits humains, ainsi que des publications axées sur la paix, la cohésion sociale, l’éthique et la diversité religieuse.
À travers ce plaidoyer, Unen Uchanda Jean-Baptiste interpelle les autorités provinciales et territoriales de l’Ituri, les gestionnaires des établissements pénitentiaires, le ministère de la Justice et Garde des Sceaux, ainsi que les partenaires techniques et financiers, les ONG et les organisations internationales présentes dans la province. Il les exhorte à intégrer la bibliothèque pénitentiaire comme une composante essentielle des programmes de rééducation et de réinsertion sociale.
Chadrack Byaruhanga





