Dans un point de presse tenu ce dimanche 07 septembre à Beni, au Nord-Kivu, le centre de recherche Ubuntu Panafrika a lancé un appel vibrant à la nation. L’ONG a dévoilé une lettre ouverte adressée au Président de la République, Félix Tshisekedi, pour alerter sur la recrudescence des activités terroristes des rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Le message est clair : la sécurité est l’affaire de tous et requiert l’engagement de chaque citoyen.
Ubuntu Panafrika salue les efforts du Commandant suprême des FARDC et de l’armée, mais insiste sur un changement de paradigme. Selon l’ONG, il est temps de passer d’une approche de sécurité passive à une approche active et collaborative.
« Si l’insécurité peut être exogène, elle ne peut s’enraciner sans participation locale, avons-nous constaté par rapport aux ADF, comme pour les autres cas d’insécurité et rébellion », peut-on lire dans la lettre.
L’organisation prône le concept de la »sécurité participative », un pilier de son action sur le terrain. La sécurité par contre, est un produit endogène local, issu de la collaboration civilo-militaire, précise la lettre. Ce modèle de coresponsabilité est au cœur du projet d’Ubuntu Panafrika intitulé : « Où est ma pierre dans la construction de la sécurité ? », qui vise à transformer les communautés en de véritables « coproducteurs de sécurité ».
Un appel à l’éveil patriotique
L’ONG dénonce l’attitude attentiste d’une partie de la population, et le manque d’éducation civique sur le rôle des citoyens dans leur propre défense. « Nombreux sont ceux qui pensent que la sécurité viendrait de l’étranger et non d’eux-mêmes d’abord, d’où, la propension à réclamer la sécurité en lieu et place de participer à sa création », affirme l’organisation.
Pour changer cette mentalité, Ubuntu Panafrika propose la mise en place d’un programme national baptisé « Wapi jiwe langu kwa Usalama wa Kongo ? » (Où est ma contribution à la Sécurité en RDC ?). L’ONG appelle à une action concrète et concertée de l’ensemble de la société. « Malheur à un peuple qui attend la sécurité d’un étranger ou de fils d’un étranger », souligne la lettre, ajoutant que « chaque peuple se sauve soi-même ».
Devenons ceux qui stoppent les ADF
La lettre se termine par un appel fort à la mobilisation générale. « Pour que la peur cède place au courage, pour que les Congolais cessent d’être des victimes demandeuses de sécurité mais des acteurs coproducteurs de leur sécurité », exhorte l’ONG.
Elle insiste sur le fait que la sécurité ne doit pas être la charge de seules autorités civiles et militaires, mais « l’affaire de toutes et tous et ce, à tous les niveaux ».
En conclusion, Ubuntu Panafrika invite la population à s’engager, rappelant une de ses devises clés : « Un bon chrétien, un bon musulman ou un bon coutumier renforce la collaboration civilo-militaire pour plus de prévention et de réponse efficace et efficiente ».
Le message final est percutant : « Au lieu de dire stop ADF, stop à la guerre. Devenons ceux qui stoppent les ADF, soyons ceux qui stoppent ces guerres d’agressions ou ces conflits internes ».
Yannick Warangasi, à Beni




