La situation humanitaire dans les territoires de Rutshuru et Masisi en province du Nord-Kivu, demeure de plus en plus inquiétante, en raison des combats recurrents entre différents groupes armés locaux dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Dans le Rutshuru, le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a indiqué dans un rapport publié le 18 août, que de récents affrontements dans la chefferie de Bwisha, ont conduit au déplacement de plus de 22 000 personnes notamment vers Kiseguro, Katuiguro, Kiwanja, Kiwanja, Kisharo et Nyamilima.
Vers mi-juillet, au moins 28 400 autres personnes ont été contraintes à se déplacer après des combats dans une dizaine de villages du groupement de Kihondo, dans la même chefferie. Ces déplacés ont pris la direction des villages de Nyanzale, Buhondwa, Mushikiri et Singa.
Le rapporte précise des sources humanitaires locales, que les localités qui accueillent ces déplacés avaient déjà accueilli près de 11 000 déplacés entre avril et juin 2024. « Par ailleurs, une évaluation de l’ONG ACF2 à Bambo indique qu’environ 43 000 personnes déplacées et plus de 42 000 retournées sont arrivées dans les localités de Rebero, Itongo et Bambo-Centre au cours de la même période », souligne le document.
À Masisi, la situation n’est pas non plus plaisante. Le document rapporte que plusieurs centaines de civils ont été amenés à trouver des zones stables, à la suite d’intenses combats entre groupes armés en l’intervalle du 21 au 25 juillet dans des villages des groupements Bapfuna, Nyamaboko I et Kibabi.
De nouveaux combats ont été signalés le 23 juillet sur l’axe Nyabiondo-Loashi dans le groupement Bapfuna, occasionnant le déplacement de plus de 3000 personnes vers la commune rurale de Masisi. Entre mai et juin 2024, la même zone avait accueilli plus de 6 700 déplacés.
« Ces affrontements surviennent après ceux de fin juin et début juillet, qui avaient provoqué le déplacement d’environ 10 500 personnes de Buabo, Kilambo, Bitobolo et Mashaki vers Katale », indique le rapport.
Parmi les défis majeurs dans ces deux territoires, la malnutrition aiguë, l’accès difficile aux soins de santé, les déficits en Eau, hygiène et assainissement (EHA), l’insécurité alimentaire, l’insuffisante d’abris, les risques de protection et dans le pire de cas, des restrictions d’accès humanitaire sur cet axe.
Guerschom Mohammed Vicci






