Après quatre séances sans succès, la cinquième ou Doha 5 est finalement la bonne : le Gouvernement Congolais et la rébellion de l’Alliance fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC-M23) ont signé ce samedi 19 juillet au Qatar, une Déclaration de principes, qui marque un tournant décisif et majeur dans la résolution pacifique de la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Parmi les grandes lignes de la Déclaration, Kinshasa et l’AFC-M23 ont réaffirmé leur engagement à résoudre le conflit de manière « pacifique », dans un souci de protéger la population. « Les parties conviennent de privilégier la voie du dialogue et de la négociation pour régler leurs différends », inscrit dans les principes généraux de la Déclaration.
Concerant la cessation des hostilités, les deux parties se sont engagées à instaurer un cessez-le-feu « permanent », incluant respectivement « les attaques de toute nature aériennes, terrestres, maritimes ou lacustres ainsi que tout acte de sabotage ; la diffusion de propagande haineuse ou incitant à la violence ; toute tentative de conquête ou de modification des positions par la force sur le terrain ».
Pour faire respecter ce cessez-le-feu, la Déclaration annonce la mise en place prochaine d’un « mécanisme conjoint de surveillance et de vérification« , dont la responsabilité s’attèlera sur les modalités et la mise en oeuvre « effective » de cessation des combats.
Les enjeux étant en face, des mesures des confiance ont été instaurées pour accompagner la Déclaration de principes, qui représente un engagement majeur entre Kinshasa et AFC-M23. Les parties ont accepté non seulement de créer un climat favorable à un dialogue constructif mais aussi et surtout, l’urgence de mettre en oeuvre chaque point de ces mesures, qui jouent un rôle essentiel dans le renforcement de la confiance mutuelle et « la suite » du processus de paix de Doha.
D’autres points tiennent notamment à la restauration de l’autorité de l’État, qui passe par la résolution « efficace » des causes du conflit au travers entre autre l’accord de paix durable. « Les parties conviennent que le rétablissement intégral de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national est un pilier fondamental de l’accord de paix ». La Déclaration laisse à l’accord la responsabilité de définir les modalités, les étapes et le calendrier de ce processus de restaurations.
Kinshasa et l’AFC-M23 ont pris l’engagement à faciliter le retour sûr, volontaire et digne de réfugiés et des personnes déplacées internes dans leurs milieux ou pays d’origine conformément à l’accord tripartite de la RDC, les pays d’asile concernés et le Haut-Commissariat des Nations unies pour le réfugiés (HCR), en respect au Droit international humanitaire (DIH).
Quid de l’accord de paix ?
Si la signature de l’accord de paix est annoncée pour le 17 août prochain, Kinshasa et l’AFC-M23 se sont engagées à mener les négociations dans un esprit de responsabilité, de coopération et de compromis dans le souci de parvenir à un consensus.
Ces pourparlers visant l’accord de paix, débutent au lendemain de la signature de la Déclaration de principes ou soit le 29 juillet, dix jours après cette étape. « Les Parties conviennent d’ouvrir des négociations directes immédiatement après la mise en œuvre des engagements contenus dans la présente Déclaration de principes, en vue de lancer les discussions sur un accord de paix au plus tard le 8 Août », précise la Déclaration de principes.
La question qui se pose, tourne autour du niveau d’engagement du Gouvernement congolais et de l’AFC-M23 : les positions militaires n’ont cessé de se renforcer ces derniers jours de deux côtés, faisant craindre une escalade sur les lignes de fronts.
Guerschom Mohammed Vicci




