Depuis son exil « forcé » à Kampala, Thomas Lubanga s’est exprimé mercredi sur la situation politique et sécuritaire en République démocratique du Congo (RDC). L’ancien chef de guerre, condamné par la Cour pénale internationale (CPI) pour son rôle dans le conflit en Ituri, affirme être victime d’une « persécution » orchestrée par les autorités congolaises, après avoir dénoncé « l’affairisme et l’incapacité » des dirigeants à Kinshasa et en Ituri.
Sur le front des processus de paix en RDC, Thomas Lubanga ne mâche pas ses mots : il qualifie d’échecs retentissants les processus de Nairobi et de Luanda. Le chef de la CRP salue néanmoins le récent accord signé à Washington ainsi que le dialogue engagé à Doha, tout en estimant que ces initiatives restent insuffisantes pour établir une paix durable.
Le chef milicien met en garde contre une lecture trop simpliste de la crise congolaise : « La crise ne peut être réduite à un simple accord sur l’exploitation minière », prévient-il. Pour lui, seule une approche inclusive et globale permettra d’apporter des solutions durables. En ce sens, il soutient pleinement l’initiative conjointe des Églises catholique et protestante, qui appelle à un dialogue élargi.
Par ailleurs, Thomas Lubanga affiche son soutien aux positions de l’Alliance fleuve Congo (AFC-M23), estimant que le salut du pays passe nécessairement par la fin du régime de Félix Tshisekedi.
Cette déclaration relance les débats sur les perspectives de paix en RDC, et met en lumière les défis complexes auxquels le pays est confronté : entre enjeux politiques internes, pressions régionales et attentes internationales.
Thomas Lubanga avait annoncé en mars dernier, la création de son nouveau mouvement politique. Dans un récent rapport des experts de l’ONU, ses activités sont soupçonnées de bénéficier d’un soutien tacite des autorités ougandaises. Le principal intéressé dément fermement toute complicité officielle avec Kampala, arguant que dans le cas contraire, il aurait déjà été expulsé vers Kinshasa.
La Rédaction




