Le centre d’Aru est, depuis ce lundi 23 juin, le théâtre d’un dialogue crucial pour l’avenir de la province de l’Ituri, située dans le Nord-est de la République démocratique du Congo (RDC).
Baptisée « ARU 2 », cette conférence soutenue par la MONUSCO, réunit des figures clés des groupes armés locaux, des représentants des communautés, des ONG, ainsi que les autorités civiles et militaires. L’objectif est clair : consolider les avancées du premier accord de paix « ARU 1 », signé en juin 2023 et surtout, ouvrir la voie à une paix véritablement durable dans une province meurtrie par des années de violence.
Les acquis d’ARU 1 : un bilan mitigé mais prometteur
Il faut le rappeler, le premier dialogue, « ARU1 » n’a pas été sans résultats. On a observé un retour significatif d’environ 60% des déplacés dans le sud du territoire d’Irumu. Entre juin et novembre 2023, une accalmie relative a été constatée dans la province, permettant la réouverture d’axes routiers vitaux comme ceux reliant Fataki à Masumboko, et le tronçon Iga-Barrière – Fataki sur la Route nationale 27. Les marchés de Djugu ont également repris vie, facilitant la circulation des biens et des personnes entre Nizi et Momgwalu.
Cependant, la réalité sur le terrain reste complexe. Les violences n’ont pas totalement cessé et la mise en œuvre intégrale des engagements d’ARU 1 a connu des freins. C’est dans ce contexte que « ARU 2 » prend tout son sens, avec des attentes fortes : un nouvel acte de cessation des hostilités, la relance des activités socio-économiques pour favoriser le retour des déplacés et le développement de la province, et par-dessus tout, le restauration de l’autorité de l’État.
L’ appel du Général Mushimba : « Saisissez la main tendue »
Lors de la cérémonie d’ouverture, le commandant de la 32ème région militaire, le Général Antoine David Mushimba a adressé un message particulièrement fort aux jeunes qui ont pris les armes.
Il les a exhortés à « saisir la main tendue du Chef de l’État pour l’instauration d’une paix durable dans cette province longtemps meurtrie par les violences armées ». C’est une invitation claire à tourner la page de la violence, et à se réinsérer dans la vie socio-économique de l’Ituri.
Restaurer l’autorité de l’état : un impératif pour la stabilité
Au-delà de la cessation des hostilités, la « restauration de l’autorité de l’État » est un enjeu majeur de ces assises.
Il est impératif que les représentants de l’État qu’il s’agisse des chefs de secteurs, de chefferies ou de groupements retrouvent leurs postes, et exercent leurs fonctions dans leurs entités respectives. Ce retour est essentiel pour garantir la stabilité, assurer le bon fonctionnement des administrations locales et renforcer la gouvernance et la sécurité dans les territoires affectés par les conflits.
La MONUSCO, fidèle à son engagement, a réaffirmé son soutien à ce processus. L’objectif est de protéger les populations et de permettre un retour à une vie normale dans les zones touchées par les violences. La réussite de cette conférence à Aru pourrait bien marquer un tournant décisif dans la longue quête de paix pour l’Ituri.
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La Rédaction






