La sécurité des journalistes interroge en République démocratique du Congo, alors que le pays traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire, avec une partie importante toujours occupée par les rebelles du M23-AFC dans l’Est.
En effet, dans les zones gouvernementales comme rebelles, la sécurité des journalistes est remise en cause. Ici comme là-bas, les chevaliers de la plume ont perdu toute leur liberté, bien que garantie par la Constitution du 18 février 2006, encore en vigueur malgré les tractations menées par le pouvoir pour son changement.
Le dernier cas en date est du journaliste Honneur-David Safari, disparu dans la soirée du 28 décembre, avant d’être retrouvé dans un état piteux le 31 décembre 2025 dans les périphéries de la ville de Bukavu, au Sud-Kivu, une région contrôlée par les rebelles de l’AFC-M23.
Dans ce contexte difficile, le journaliste John Kabamba, reputé au travers l’émission« Le Peuple parle »est encore détenu depuis le 15 décembre 2025, cette fois à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo. Depuis sa disparition le 14 dans la soirée, le journaliste n’a donné aucune nouvelle, et aucune communication n’a été faite sur son lieu de détention et le motif de son arrestation.
La ligne rouge a été franchie en Ituri : le journaliste Thierry Banga Lole a succombé de ses blessures après une incursion d’hommes armés dans son domicile dans la nuit du dimanche 28 au lundi 29 décembre 2025, ce qui avait alors conduit à la suspension de la diffusion de toute information durant trois jours soit du 30 décembre 2025 au 1er janvier 2026, en guise de protestation des journalistes contre ce crime dans une province sous état de siège.
Peu avant, soit le 09 décembre 2025, les affrontements entre les Forces armées de la République démocratique du Congo, appuyées par les résistants Wazalendo et les rebelles de l’AFC-M23 avaient conduit à la mort du journaliste Janvier Nyakirigo de la Radio communautaire et coopérative de Kiliba (Kiliba FM) dans le quartier Butaho, en ville d’Uvira, après l’explosion d’une bombe en son domicile.
Les arrestations et les disparitions des journalistes durant cette période se poursuivent, mettant en danger le travail de journaliste, pourtant nécessaire pour l’instauration d’un État de droit, la mise en place d’une démocratie où le droit et la liberté de chacun sont garantis.
Les journalistes s’interrogent : qui sera le prochain sur la liste des disparus, des arrêtés et des morts ?
Le combat mené tant par Kinshasa que par l’AFC-M23 n’est pas contre les journalistes, c’est d’abord et avant tout contre la vérité.« À la moindre escarmouche », le chevalier de la plume peut rejoindre l’une de ces listes.
La Rédaction






