Le couperet est tombé. Dans une décision radicale signée jeudi 16 avril, l’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC) a prononcé la radiation définitive de deux de ses figures notables : Otto Bahizi Clovis et Munyomo Basilwango Patrick.
Ce divorce brutal illustre la fracture qui s’installe au sein de la classe politique congolaise autour de la question ultrasensible de la révision constitutionnelle et du mandat du Président Félix Tshisekedi, dont le séjour au pouvoir devra se clôturer en décembre 2028, selon la Constitution du 18 février 2006.
L’acte de sanction, portant la signature de l’autorité morale du parti, Modeste Bahati Lukwebo, ne fait pas dans la dentelle. Les griefs retenus contre les deux désormais ex-sociétaires de l’AFDC sont lourds : « rébellion vis-à-vis des décisions du parti » et « dissidence ».
Selon le document officiel, cette mesure fait suite à un rapport de la commission de discipline ayant conclu à des violations graves des dispositions statutaires.
Une fracture idéologique sur le texte fondamental
Si le communiqué officiel évoque une indiscipline organisationnelle, les racines du conflit sont éminemment politiques. En effet, cette radiation intervient dans un climat de haute tension entre la direction de l’AFDC et une frange de ses membres.
Au cours d’une conférence de presse organisée à Kinshasa, le président national de l’AFDC s’est récemment positionné de manière tranchée contre tout projet de révision de la Constitution de 2006, prônant le respect de la stabilité des institutions.
À l’opposé, Otto Bahizi Clovis et Patrick Munyomo Basilwango ont ouvertement pris le contre-pied de leur leader. Les deux cadres ont publiquement manifesté leur soutien au Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, dans sa volonté de réformer la Loi fondamentale, jugeant le texte actuel inadapté aux réalités du pays.
Quel avenir pour les exclus ?
Désormais sans étiquette partisane, Otto Bahizi et Patrick Munyomo se retrouvent en position de « dissidents » officiels. Toutefois, leur alignement sur la vision du Chef de l’État pourrait leur ouvrir les portes d’autres formations de l’Union sacrée de la Nation plus favorables à la révision constitutionnelle, ou les pousser à créer un courant interne de soutien à la réforme.
Cette double radiation pourrait n’être que le premier épisode d’une série de réajustements politiques majeurs à Kinshasa, alors que le débat sur le changement ou la révision de la Constitution continue de cristalliser les passions.
La Rédaction




