La deuxième édition de Best of Congo co-operatives, lancée ce lundi 11 août dans la ville de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu met en lumière la résilience des intervenants dans le secteur de café en République démocratique du Congo, face aux défis sécuritaires accrus ces derniers mois dans les provinces de l’Est.
Pour cette édition, vingt coopératives du Nord et Sud-Kivu, deux provinces particulièrement secouées par les affres de guerre de ces dernières années, y prennent part. Ces coopératives viennent de Kabare, Kalehe, Idjwi et d’autres autour de la plaine de Ruzizi et des territoires du Sud-Kivu, et de Masisi, Rutshuru, Beni, Lubero et les villes de Beni et de Butembo au Nord-Kivu.

Ghislain Kamondo, Directeur exécutif de CongoAgri, co-organisateur de cette conférence-concours avec African coffe connect explique Best of Congo par le souci de faire la promotion du café congolais, qui brille par une absence sur le marché international malgré sa qualité.
« L’idée était de faire la promotion du café congolais », explique Ghislain Kamondo, sur l’avènement du Best of Congo co-operatives. « En ce moment là (2023, Ndlr), quand on a fait la recherche, on a trouvé que le café congolais n’était vraiment pas classé », parmi les dix pays premiers producteurs en Afrique.
Ces coopératives font face à de nombreux défis, qui freinent la vente du café congolais : le manque d’accès au financement, les difficultés d’accès au service bancaire avec un coût élevé de retrait, le coût logistique lié au déficit d’infracstructures et de sécurité, le coût de certification et leur validité courte, et la structuration de la chaîne de valeur. Ces difficultés parmi tant d’autres, ne permettent pas l’éclosion du café congolais, vu que sa traçabilité est mise à l’épreuve.

Pour cette année, le café congolais de ces coopératives a été proposé au marché américain. Ghislain Kamondo regrette néanmoins que le contexte de cette année, marqué par une guerre au début de la campagne agricole ait constitué un frein éloquent au travail de caféiculteurs.
Le thème choisi : « La résilience du secteur du café face aux défis sécuritaires et socio-économiques, Best of Congo co-operatives une bouée de sauvetage », pour minimiser le coût des difficultés rencontrées durant la campagne agricole (début de l’année, Ndlr).
CongoAgri et African coffe connect porte un fardeau : faire connaître ce café de bonne qualité sur le marché international. À les en croire, la République démocratique du Congo dispose des potentiels nécessaires pour tenir une place prépondérante dans les grandes discussions autour du café. La RDC fait partie des pays tels que le Brésil et l’indonésie, qui ont une nette opportunité de production et avec le Brésil, elle dispose des étendues forestières importantes.
À l’issue de ces deux jours, les trois ou 4 meilleurs cafés seront vendus aux enchères, dans le but de mettre en avant ce produit pour leur vente à un prix meilleur, et encourager les caféiculteurs à produire davantage malgré un contexte sécuritaire peu favorable.
Le Directeur exécutif de CongoAgri précise que toutes les problématiques autour du secteur de café dont la nouvelle réglementation de l’Union européenne (UE), seront abordées pour permettre à tous les intervenants dans ce secteur de savoir sur quel pied dansé, pour mieux naviguer.
Guerschom Mohammed Vicci




