L’Université de Goma (UNIGOM) a organisé vendredi 1er septembre, une conférence-débat qui a porté sur « la localisation de l’aide humanitaire au Nord-Kivu ». Cet événement a réuni des panelistes, des étudiants et divers acteurs humanitaires pour discuter des défis de l’aide dans cette province de l’Est de la RDC, secouée depuis plus de 25 ans par un conflit complexe.
D’après le professeur Janvier Kasiwa, administrateur du budget à l’UNIGOM, cette activité s’inscrit dans la mission de service à la société de l’université. L’UNIGOM a en effet lancé récemment un département de développement et action humanitaire, pour former des étudiants sur ces questions urgentes dans la région.
Le professeur Jules Katshurana, l’un des panelistes a souligné lors de ce débat le constat d’une « déconnexion entre la réponse humanitaire et la réalité du terrain ».
Selon lui, l’action doit émaner des acteurs locaux, avec un simple appui des ONG internationales. Cette « localisation de l’aide » permettrait de renforcer les capacités congolaises, conformément à l’agenda de la décentralisation en RDC.
Isabelle Pendeza du CAFED a déploré la faible participation des femmes aux mécanismes de coordination de l’aide. Les violences basées sur le genre sont pourtant endémiques dans la province. « Les femmes doivent s’imposer en apportant des idées là où elles interviennent », a-t-elle recommandé.
Plusieurs étudiants ont salué l’organisation de ce débat par l’UNIGOM. « Cela nous permet de mieux comprendre la réalité du terrain » a témoigné Floribert Selemani, étudiant en action humanitaire. L’université pourrait pérenniser ce type d’initiative pour immerger pleinement ses étudiants dans les problématiques concrètes du Nord-Kivu.
Avec plus de 2 millions de déplacés internes, la situation humanitaire dans la province reste catastrophique. L’UNIGOM souhaite contribuer à former les futurs cadres humanitaires congolais, pour qu’ils prennent en main l’action d’urgence dans leur propre pays. Cette conférence-débat s’inscrit dans cet objectif primordial de « localisation » et de renforcement des capacités locales.
Guerschom Mohammed Vicci






