Ghilain Kabuyaya dit Coeur Tam Tam a franchi un cap important dans sa carrière. Plus connu en tant que slameur, poète, dramaturge et comédien, désormais, Coeur Tam Tam Kabuyaya est écrivain.
Ce vendredi 26 juin à Goma, au Nord-Kivu, Coeur Tam Tam s’est ouvert les portes de l’écriture, lançant au travers une cérémonie de vernissage, quatre ouvrages sur le marché. Dans ses écrits, il incarne toutes les casquettes qui lui sont reconnues.

Parmi ces ouvrages, « Magicien d’amour« , « Fosses communes« , « Dans la tourmente de l’expérance » et la « Phobie des valeurs« , qui résument toutes les vies de l’écrivain Coeur Tam Tam.
Dans la tourmente de l’expérance : Résister, Aimer, Renaître
Dans cet ouvrage, Coeur Tam Tam incarne sa casquette de comédien et dramaturge. Cette oeuvre présente un théâtre qui traite les réalités congolaises, mais en ayant une ouverture décidée vers vers l’universel.
Si d’un côté, l’ouvrage décrit au travers une écriture lyrique, lucide et mordante, les fractures sociales, les violences visibles et celles voilées, les tensions intimes ; de l’autre, Coeur Tam Tam palpe les vulnérabilités humaines et les conflits identitaires.
La Phobie des valeurs

Coeur Tam Tam s’étonne de la peur qu’ont les humains d’incarner les valeurs. Pour l’écrivain, la phobie devrait et doit se situer dans l’incarnation des antivaleurs, apellant clairement à une rééducation des valeurs dans la société congolaise.
Pour y arriver, Coeur Tam Tam voyage dans un univers mêlant sociologie, anthropologie, psychologie et philosophie. Il déplore alors la marginalisation des langues vernaculaires, l’effritement des répères culturels et la fragilisation du sens collectif qui pour lui, relèvent un malaise profond dans la société congolaise. L’auteur finit par un appel au réveil des consciences et à la réhabilitation des valeurs.
Fosses communes

Ce langage est courant dans les oreilles en RDC. Coeur Tam Tam perce les mémoires, fait parler les silences des années de conflits dans l’Est de la République démocratique du Congo.
L’univers de l’écrivain est poétique. Dans ce recueil, des vers vont à la rencontre de la décadence de l’humain dans une société traversée par des conflits interethniques, les déchircures identitaires et les plaies de la région des Grands lacs.
Coeur Tam Tam pose ainsi une question oratoire : « Et si la poésie pouvait brûler jusqu’aux entrailles de la guerre ?« . Il présente alors un chant de résistance, un acte de foi en la dignité, en l’Ubuntu, et en la reconstruction du vivre-ensemble.
Magicien d’amour

Ici, Coeur Tam Tam est pleinement engagé dans une poésie amoureuse. Des vers se succèdent pour des amoureux, des couples, des mots pour le partenaire. L’écrivain incarne la peau d’un drageur, qui se croit vêtu d’un pouvoir pour enchanter le coeur : une drague envoûtante.
« J’adore ta magie ! J’ai erré un instant dans l’antre du mal, en enfer, Pour traquer les démons, pour briser le voile. Là-bas, là où la nuit se déploie, J’ai trouvé Satan, sans force, sans voix. À génoux, dans un silence déchiré, Il implorait ton », peut-on lire dans ce recueil de poèmes.
Les premiers ouvrages ont été mis en vente après le vernissage. Coeur Tam Tam Kabuyaya a aposé les autographes, avant que d’autres copies ne soient remises à la Lave littéraire et d’autres espaces de vente pour le public.
Guerschom Mohamed Vicci




