La tension monte d’un cran à Bunia. 72 heures après la décision du Conseil de l’ordre du Barreau de l’Ituri de suspendre les prestations des avocats près la Cour d’appel, la justice militaire réagit. Dans un communiqué daté du 24 février, le colonel magistrat Makelele Mukenge Joseph ordonne aux magistrats militaires de ne plus admettre d’avocats dans leurs cabinets jusqu’à la levée de cette suspension.
Ce bras de fer institutionnel trouve son origine dans un conflit autour de l’affaire impliquant Me Blaise Bombale Aselemba. La mesure de protestation du barreau a déjà entraîné un ralentissement des audiences civiles et pénales. Le colonel Mukenge décrit cette suspension comme une« paralysie »des juridictions militaires, menaçant la bonne administration de la justice et les droits des justiciables.
Les avocats défendent leurs prérogatives, tandis que l’autorité judiciaire plaide pour la continuité du service public de la justice. Dans les couloirs des juridictions, l’inquiétude grandit : des dossiers sensibles, notamment pénaux, pourraient subir des retards importants, aggravant la situation des justiciables, déjà confrontés à des délais longs.
Au-delà de l’affaire Bombale, ce conflit met en lumière des tensions plus larges au sein de l’appareil judiciaire provincial. L’équilibre entre l’indépendance du barreau et l’autorité des juridictions est plus que jamais questionné.
Aucune médiation officielle n’a encore été annoncée. Dans un contexte déjà fragile en Ituri, plusieurs observateurs appellent à un dialogue rapide pour éviter une paralysie durable de la justice, dont les citoyens seraient les premières victimes.
Chadrack Byaruhanga depuis Bunia






