La situation sécuritaire et humanitaire devient de plus en plus préoccupante au centre commercial de Niania, dans le territoire de Mambasa (Ituri), où l’apparition de groupes se réclamant des « Wazalendo » et l’afflux de déplacés sans assistance humanitaire suscitent l’inquiétude des acteurs locaux.
Selon une déclaration de M. Deogratias Bungamuzi Kukwabo, président du Conseil provincial de la jeunesse de l’Ituri, ces derniers jours ont été marqués par plusieurs attaques attribuées aux ADF dans la région, provoquant un climat de peur et le déplacement massif des populations vers le centre de Niania.
D’après lui, un groupe d’individus se présentant comme des Wazalendo aurait fait son apparition dans certains villages ainsi qu’au centre commercial. Ces derniers circuleraient torse nu et pieds nus, adoptant des comportements jugés inhabituels par la population locale, ce qui alimente la psychose au sein de la communauté.
« Lorsqu’on tente de s’approcher d’eux, ils affirment assurer la sécurité ou pratiquer l’autodéfense, mais leurs intentions restent difficiles à cerner », a indiqué M. Bungamuzi, appelant les services de sécurité à identifier ces personnes afin d’éviter toute initiative d’autodéfense non encadrée, susceptible d’aggraver la situation sécuritaire.
Par ailleurs, la situation humanitaire demeure critique. Plusieurs déplacés ayant fui les violences dans les villages environnants vivent actuellement sans abri au centre de Niania, certains dormant à la belle étoile et manquant d’assistance de base.
Face à cette réalité, le Conseil provincial de la jeunesse de l’Ituri appelle le Gouverneur militaire, le gouvernement central ainsi que les partenaires humanitaires à intervenir en urgence pour fournir des abris, de la nourriture, de l’eau potable et des soins médicaux essentiels aux populations affectées.
Les acteurs locaux insistent sur la nécessité d’une réponse rapide et coordonnée afin d’éviter que les jeunes ne soient entraînés dans des dynamiques incontrôlées, et pour garantir la protection des civils déjà fragilisés par l’insécurité persistante dans la région.
Chadrack Byaruhanga depuis Bunia




