Dr Daniel Mugisa, spécialiste de santé sexuelle plaide auprès du Gouvernement congolais pour la mise en place d’une politique d’accompagnement des élèves enceintes en milieu scolaire.
Dr Daniel Mugisa Woloka, spécialiste en santé sexuelle au Centre médical Solidaire de Bunia, estime qu’il est urgent d’aller au-delà de la simple décision de maintien des filles enceintes à l’école.« Nous recommandons au gouvernement d’adopter une véritable politique d’accompagnement des élèves enceintes en milieu scolaire », a-t-il déclaré.
Selon ce professionnel de santé, une telle politique devrait inclure un suivi médical régulier, un soutien psychologique accessible, des mesures de protection contre la stigmatisation, ainsi que des aménagements scolaires adaptés aux besoins spécifiques de ces apprenantes.
Pour Dr Daniel Mugisa Woloka, l’absence de ces mécanismes d’accompagnement risque de limiter l’impact de la mesure gouvernementale autorisant le maintien des filles enceintes à l’école, telle qu’ordonnée par la ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté.
Le spécialiste met également en garde contre les risques sanitaires encourus par les élèves enceintes en l’absence d’un dispositif adapté. Il cite notamment les grossesses arrêtées, le Retard de croissance intra-utérin (RCIU), l’anémie, les avortements, la prématurité, les infections sévères, ainsi que d’autres complications pouvant mettre en danger la vie de la mère et du nouveau-né.
Afin de garantir l’efficacité de cette politique, Dr Daniel Mugisa Woloka plaide pour l’établissement de partenariats formels entre les établissements scolaires et certains centres de santé. Ces collaborations permettraient aux élèves enceintes de bénéficier d’un encadrement psycho-médical approprié, incluant des consultations prénatales régulières et gratuites.
Enfin, il exhorte les autorités à renforcer les actions de sensibilisation auprès des élèves et des enseignants, à former le personnel éducatif à l’accueil bienveillant des filles enceintes, et à appliquer des sanctions contre toute forme de discrimination, afin de créer un environnement scolaire protecteur et inclusif.
Pour rappel, le maintien des filles enceintes en milieu scolaire a été officiellement ordonné le 14 juillet 2025 par la ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté, Raïssa Malu.
Chadrack Byaruhanga depuis Bunia






