Seulement 7 % de dossiers d’enfants en conflit avec la loi ont été jugés en 2025 dans la ville de Butembo, au Nord-Kivu. C’est ce que révèle le Réseau des défenseurs des droits humains (REDHO) dans un communiqué rendu public mardi à l’occasion de la Journée internationale de l’enfant de la rue, célébrée le 12 avril de chaque année.
Selon les statistiques compilées auprès des tribunaux pour enfants de Beni, Butembo et Lubero en province du Nord-Kivu, sur un total de 379 dossiers enregistrés en 2025, le Tribunal pour enfants de Beni a traité 298 cas sur 328, soit un taux de 90,85 %.
À Lubero, 6 dossiers sur 9 ont été jugés, soit 66,7 %. En revanche, la situation est particulièrement alarmante à Butembo, où seulement 3 dossiers sur 42 ont été jugés, représentant un faible taux de 7 %.
Pour le REDHO, cette faible performance s’explique notamment par l’absence d’Établissement de garde pour l’éducation de l’enfant (EGEE) dans la ville de Butembo. Une structure pourtant essentielle pour assurer la prise en charge, la rééducation et le suivi des enfants en conflit avec la loi.
Dans son communiqué, l’organisation déplore également la montée inquiétante du phénomène des enfants vivant dans la rue à Butembo. Livrés à eux-mêmes, ces enfants sont souvent impliqués dans divers actes de délinquance notamment les vols, les agressions, la consommation de drogues et l’extorsion.
Cette ONGD-H rappelle que plusieurs de ces enfants sont des orphelins, des déplacés de guerre ou issus de familles vulnérables, ce qui accentue leur exposition aux dangers de la rue.
Face à cette situation préoccupante, l’organisation appelle les autorités congolaises, les parents et l’ensemble de la communauté à s’impliquer davantage dans la protection de l’enfant. Elle insiste particulièrement sur la nécessité de mettre en place un Établissement de garde pour l’éducation de l’enfant, afin de favoriser la réinsertion sociale et de réduire la délinquance juvénile.
La Rédaction




