Face à l’insécurité qui gangrène la région, les jeunes de la ville de Bunia, capitale de la province de l’Ituri, sont invités à passer du statut de victime à celui de co-responsable de la sécurité. C’est le message « fort » lancé lors d’un atelier de sensibilisation organisé par le consortium Usalama wa mashiriki ya Kongo.
Cette sensibilisation a été organisée sous le thème :« L’importance du mariage civilo-militaire vise à contrer les menaces des ADF, des groupes rebelles et l’insécurité généralisée qui affecte Bunia et les territoires voisins d’Irumu et de Mambasa ».
« Nous appelons tous les jeunes de Bunia et de l’Ituri à devenir des acteurs clés de la sécurité. Il est temps de passer de la demande de sécurité à la co-responsabilité », a martelé Fidèle Andera Ubuntu, chef de projet au sein du consortium. Il a souligné que l’objectif est clair : inverser la tendance de l’insécurité qui pèse sur la région et sur l’ensemble de la République démocratique du Congo.
Les jeunes présents à l’atelier ont saisi l’ampleur de leur rôle en tant que co-producteurs de la sécurité, aux côtés de l’armée. Cette prise de conscience implique également de reconnaître que l’insécurité ambiante est, en partie, un défi qu’ils doivent relever collectivement.
Dans une démarche audacieuse pour transformer les jeunes en véritables porteurs d’espoir pour la RDC, Fidèle Andera Ubuntu a lancé un appel direct aux groupes armés. Il les a exhortés à une collaboration avec les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), citant en exemple la Réserve d’armée de défense (RAD) du Nord-Kivu, dont le soutien aux FARDC face au M23 est une illustration concrète de ce modèle.
S’adressant spécifiquement aux jeunes enrôlés dans ces groupes, le message est sans équivoque :« Vous avez reçu des armes, mais servent-elles à abattre les ennemis de la RDC ou vos propres frères et sœurs ? Vous n’êtes pas des démons ; le retour auprès des FARDC est possible, et vous pouvez devenir l’espoir de la RDC. Dans les groupes armés, vous êtes la malédiction ; dans la RAD, vous serez la bénédiction, la solution ».
La mobilisation s’étend au-delà des jeunes. Fidèle Andera Ubuntu a interpellé les différentes communautés de l’Ituri, ainsi que les migrants qui ont choisi cette province comme terre d’accueil, les encourageant à s’impliquer activement dans le retour de la paix. Un appel est également lancé aux ONGs œuvrant pour les droits humains et la construction de la paix, les invitant à renforcer leur contribution.
« La paix ne peut s’épanouir que sur un terrain sécurisé. Sans une fondation solide assurée par la sécurité, toute construction de paix et de développement est vouée à l’échec », a-t-il rappelé, insistant sur la nécessité de renforcer l’armée et les services de sécurité comme piliers du développement durable.
Le rôle des croyants et de l’Église est également souligné : « Il incombe aux chrétiens et à l’Église de soutenir l’armée dans la traque des collaborateurs des ADF et des rebelles. Le recrutement de jeunes gens forts, instruits et intègres, capables d’apporter leur esprit et leur force à l’armée, est crucial. Bannissons la lâcheté, la corruption et l’égoïsme, et cultivons la responsabilité et le sacrifice de soi, sans vol ni trahison ».
Face aux diverses tribus de Bunia, le message est clair : « La diversité est notre richesse. Notre histoire ne se résume pas à la guerre, elle est aussi faite de paix et de gloire. Soutenir un groupe armé, quelle que soit sa nature, ne fait qu’alimenter la division et l’insécurité. Il est tragique de constater que malgré la présence de nos propres groupes armés, les ADF et d’autres rebelles continuent de nous attaquer. La question se pose : s’agit-il réellement des ADF ougandais, ou de nos propres groupes armés qui se déguisent pour perpétrer des violences, tous se cachant dans la brousse ? »
Ubuntu Panafrika, à travers le consortium Usalama wa mashiriki ya Kongo, se positionne comme un mouvement d’éveil et d’élévation de conscience panafricaine. Le consortium se tient prêt à intervenir pour soutenir les différentes couches de la population dans le retour à la paix.
Une cérémonie d’allumage de bougies par des civils a été organisée, symbolisant la lumière, l’information et le soutien que les civils apporteront aux services de sécurité. Ensemble, les participants ont élevé la voix en signe d’unité et d’engagement : « RDC, mon pays, ma vie, FARDC, mon armée, ma force ».
Notons que trois provinces dont l’Ituri, le Nord-Kivu et la Tshopo sont bénéficiaires du projet « Wapi jiwe langu kwa usalama wa mashariki ya Kongo ».
La Rédaction






