Situé au quartier Mugunga, en ville de Goma, l’orphelinat Chemchem a vécu jeudi 16 avril, une journée chargée d’émotion et de reconnaissance. Dans une ambiance faite de chants, de prières et de sourires, cette structure d’accueil a rendu hommage aux nombreux bénévoles, qui ont répondu à son appel lancé avant les vacances de Pâques.
Durant les deux semaines ayant précédé cette cérémonie, Chemchem avait ouvert ses portes à toutes les personnes de bonne volonté désireuses d’accompagner les enfants dans différents domaines : jeux éducatifs, consultations médicales et psychologiques, encadrement moral, moments de détente, partage et présence affective. Une initiative simple en apparence, mais immense dans le cœur de ceux qui l’ont vécue.

Dans l’enceinte de l’orphelinat, les voix des enfants se mêlent à celles des visiteurs dans des chants de gratitude. Les regards brillent, les mains se serrent, et chacun semble mesurer la valeur de ces instants. Ce n’est pas seulement une cérémonie de clôture, mais la célébration d’un lien humain né au fil des jours. Parmi les bénévoles présents figure le collectif Jeune espoir, un groupe de jeunes engagés dans l’action humanitaire.
Grace Lutu, l’une de ses membres, garde encore le souvenir vivant des moments passés avec les enfants. « Pendant ces deux semaines, nous avons joué avec eux, appris des jeux de société et des jeux collectifs. Je me suis sentie en famille. C’étaient des journées joyeuses. Nous n’avions peut-être rien de matériel à offrir, mais nous leur avons donné notre amour », raconte-t-elle avec émotion.

Pour d’autres volontaires, l’expérience a touché quelque chose de plus profond. C’est le cas de Prémices Bayoli, qui s’est occupée des tout-petits, âgés de 12 mois à 2 ans. À peine la mission terminée, la nostalgie se lit déjà sur son visage.
« J’ai été guidée par mon cœur. En voyant l’appel de Chemchem, j’ai ressenti de l’amour et de la compassion. J’ai compris la grâce d’avoir grandi auprès de mes parents. Ici, j’ai voulu transmettre cet amour à mon tour », confie-t-elle.

Au cours de la cérémonie, un des membres de l’orphelinat, le pasteur Kibi a tenu à remercier les bénévoles pour leur geste. Il a rappelé que la solidarité envers les plus vulnérables porte toujours des fruits invisibles, mais durables.
« Ces enfants sont des enfants de Dieu. En venant ici, vous avez répondu à un appel noble. Le bien que vous semez aujourd’hui, ne restera pas sans récompense », a-t-il déclaré devant l’assemblée.
Pour les responsables de Chemchem, cette activité allait bien au-delà d’un simple programme de vacances. Elle visait à rapprocher l’orphelinat de la population, et à rappeler que la prise en charge des enfants vulnérables concerne toute la société.
Reagan Sawasawa, membre de la structure, estime que cette initiative a permis de changer certains regards. « Nous voulons que la communauté s’approprie cette vision. Ces enfants ont besoin de tous. Cette activité montre qu’on peut donner sans rien attendre en retour. Ici, nous voulons que chacun se sente chez lui. Comme disent les enfants : « ici, c’est Nyumbani… la maison » ».
Depuis six ans, Chemchem encadre près de deux cents enfants de tous âges. Dans une ville marquée récemment par des périodes difficiles, où les premières victimes restent souvent les plus jeunes, cette maison apparaît comme un refuge, mais aussi comme un rappel que même après les blessures, la tendresse peut encore rassembler.
À Mugunga, ce 16 avril 2026, il ne s’agissait pas seulement de remettre des brevets. Il s’agissait de remercier ceux qui ont donné du temps, de l’écoute, un sourire et parfois simplement une présence. Des gestes modestes, mais capables de réparer bien des silences.
Lucien Sebuke




