Le sit-in organisé par la Coalition article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) ce vendredi 12 juin à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, a viré au drame.
Dans un premier temps, le sit-in devrait se tenir au Palais du peuple. Ici, un dispositif sécuritaire important a été instauré par la Police nationale congolaise depuis les premières heures.
Entre éléments, véhicules blindés et des points de contrôle, le Palais du peuple était quadrillé pour empêcher l’accès à cette zone, sur ordre du Gouverneur civil de Kinshasa, Daniel Bumba. Déjà, les taxi moto étaient interdits ou relocalisés vers d’autres voies de circulation.
De l’arrivée des opposants…
Chaque opposant derrière ce sit-in : Martin Fayulu, Delly Sesanga, Jean-Marc Kabund, Ados Ndombasi, Prince Epenge, Marley Vuvu et Mike Mukebayi, chacun a fait une mobilisation dans son coin avant de rejoindre le Palais du peuple.
L’opposant Delly Sesanga s’est même fait accompagner de sa fille et de son garçon pour ce rendez-vous, aux côtés d’autres manifestants qui se sont joints à d’autres de figures de l’opposition durant la marche vers le Palais du peuple.
Ici, des discussions seront engagées avec les chefs des unités de la Police nationale congolaise déployées autour du Palais du peuple. L’opposant Martin Fayulu évoque une plétore de gens autour de l’opposition pour ce sit-in.
Aux débordements et échauffourées…
Rapidement, explique Martin Fayulu, la Police s’est vue déborder par les manifestants, qui tenaient à atteindre le Palais du peuple pour faire le sit-in annoncé par la C64 face à la volonté affichée du pouvoir de changer la Constitution.
La Police nationale congolaise a alors fait usage des balles réelles et des mattraques pour disperser les manifestants.
« Quand nous sommes arrivés, ils ont vu qu’ils ne pouvaient rien faire. Ils ont commencé à tirer à balles réelles, puis ils se sont approchés et ont sorti des matraques pour nous frapper sur la tête », a laissé entendre l’opposant, joint par nos confrères d’Actualite.cd
Des morts et des blessés…
Faisant le bilan provisoire de ces altercations entre éléments de l’ordre et les manifestants, Martin Fayulu parle de deux morts et des blessés. « Ils ont déjà tué deux personnes devant le siège et ont pris les corps », renseigne-t-il.
Parmi les blessés se trouvent Jean-Marc Kabund, Ados Ndombasi, Delly Sesanga, lui-même (tenant compte d’une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, Ndlr), aux côtés de nombreux autres.
« Nous sommes blessés, gravement blessés », a souligné l’opposant. Tous ces blessés ne sont pas à mettre seulement dans l’actif de la Police nationale congolaise. Martin Fayulu a également chargé les jeunes de la Forces du Progrès de l’UDPS, pourtant parti au pouvoir qui semble entretenir une milice secrète.
Outre les blessés et les morts, les sièges de l’EciDé de Martin Fayulu et du parti politique de Jean-Marc Kabund ont été pillés et saccagés par les éléments de la PNC et des jeunes évoluant sous le label de la Force du Progrès, aux côtés d’autres inciviques ayant profité du chaos.
Rappelons ici que cette initiative de l’opposition est la seconde durant ce mois. Le 03 juin dernier, un appel à une journée ville morte a été observé. Ici encore, les opposants parlent d’une réussite, alors que la majorité au pouvoir évoque un échec. Au finish, le 03 juin était une journée mi-vivante mi-morte.
Guerschom Mohamed Vicci




