Le 9e round du processus de Doha s’est achevé avec notamment la signature du Mémorandum d’entente (MoU) et quelques résolutions visant la mise en oeuvre des protocoles déjà signés entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC-M23.
Parmi les signatures phares, la libération des prisonniers dans un délai précis de 10 jours à dater de la signature. Plus de 12 jours après, les 311 détenus qui devraient être libérés par Kinshasa et 166 par l’AFC-M23 peinent à sortir de leur géole.
La seconde résolution tenait à la mise en place du Mécanisme conjoint de vérification élargi Plus (MCVE+), qui devrait comprendre les trois officiers de liaison tant des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) que de l’AFC-M23. Cette équipe devrait mener sa première mission dans un délai d’une semaine.
Hormis une tournée du chef de mission onusienne en RDC, James Swan allant dans le sens de la mise en oeuvre du cessez-le-feu, avec notamment des rencontres avec les autorités de facto et le commandement du Mécanisme conjoint de vérification (MCVE), c’est le silence de la part des signataires.
Le processus de Doha connait bien cette impasse. Depuis le début des discussions, la confiance n’a jamais été de mise entre Kinshasa et l’AFC-M23. Toutes les signatures souffrent jusqu’ici de mise en oeuvre, malgré des discours de bonne foi souvent prononcés de deux côtés à l’issue d’une étape de discussions.
De la déclaration conjointe, en passant par la Déclaration de principe (19 juillet 2025, Ndlr), le Mécanisme de libération des prisonniers (14 septembre 2025, Ndlr) et l’Accod-cadre de Doha du 15 novembre 2025, aucune signature n’a connu d’effets positifs sur le terrain et pire, des affrontements se sont poursuivis et des lignes ont bougé dans la conquête de territoires.
Ce qui bloque dans toutes les signatures de ces dernières années, c’est l’absence totale des mesures contraignantes. La médiation, que ça soit américaine, qatarie ou africaine, semble compter sur la bonne foi de Kinshasa et de l’AFC-M23 pour l’application des dispositions prises mais chacun semble vouloir gagner du temps.
Le pouvoir fait traîner le processus pour s’éterniser au pouvoir et la rébellion, profiter de la gestion de provinces du Nord et du Sud-Kivu pour non seulement la collecte de taxes mais aussi et surtout, l’exploitation des minerais.
Guerschom Mohamed Vicci





