Un rapport alarmant du Réseau pour les droits de l’homme (REDHO) révèle que 29 détenus ont perdu la vie dans les prisons urbaines de Beni et Butembo durant le premier trimestre 2026. Ce constat met en lumière les conditions de détention précaires dans le Grand-Nord du Nord-Kivu.
Le rapport souligne plusieurs causes profondes de cette crise, notamment le surpeuplement chronique des établissements pénitentiaires, des retards dans le versement des subventions essentielles, et une lenteur préoccupante dans le traitement des dossiers judiciaires. Une majorité des détenus n’a jamais été jugée, exacerbant la situation.
À la prison centrale de Kakwangura à Butembo, 1 311 détenus sont entassés, alors que la capacité d’accueil est largement dépassée. Neuf décès y ont été recensés depuis le début de l’année. À Beni, la prison centrale de Kangbayi, qui concentre la majorité des cas, a enregistré 20 décès sur la même période, tandis qu’aucun incident mortel n’a été signalé à Lubero.
Le REDHO alerte également sur une malnutrition alarmante à Kangbayi, où les détenus souffrent d’un manque régulier de nourriture et de soins de santé. Les prisons de Beni, Butembo et Lubero font face à un déficit chronique de ressources et à un approvisionnement irrégulier.
Avec 3 310 personnes incarcérées, dont 110 femmes, la prison de Beni est la plus surchargée, hébergeant 1 979 détenus. Seulement 740 d’entre eux ont été condamnés, les autres étant en détention préventive, souvent prolongée.
Face à cette crise, le REDHO appelle les autorités judiciaires à accélérer le traitement des dossiers, tant devant les juridictions civiles que militaires. L’organisation plaide également pour des mesures de libération pour les personnes poursuivies pour des infractions mineures, et pour la construction de nouvelles infrastructures carcérales.
Ces conclusions interviennent dans un contexte déjà tendu, avec plusieurs alertes de la société civile. En février, des organisations locales avaient dénoncé la surpopulation extrême à la prison de Kangbayi, conçue pour 200 détenus mais en accueille aujourd’hui près de sept fois plus.
Chadrack Byaruhanga






