Dans un communiqué officiel publié le 27 février dernier, le gouvernement provincial du Sud-Kivu a annoncé la découverte de deux fosses communes dans la ville d’Uvira. Le bilan provisoire fait état de 151 civils exécutés, pointant directement la responsabilité de la coalition AFC-M23 et de l’armée rwandaise (RDF).
L’alerte a été donnée par les autorités locales, avant d’être confirmée par les services compétents sous l’instruction du gouverneur de province, Jean-Jacques Purusi. Les sites, désormais sécurisés pour les besoins de l’enquête, révèlent l’ampleur du massacre :
121 corps ont été exhumés au cimetière de Kavimvira ; 30 corps ont été découverts dans un enclos au quartier Kilomoni. Selon les premières investigations, ces exécutions massives auraient eu lieu juste avant le retrait forcé des rebelles de l’AFC/M23, appuyés par les Forces de défense du Rwanda (RDF), le 18 janvier dernier.
Des « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité »
Le ton du communiqué (No 005/MIN/COMM-MEDIAS/SK/2025) est sans équivoque. Le gouvernement provincial qualifie ces actes de violations graves du Droit international humanitaire.
En se référant aux articles 7 et 8 du Statut de Rome, les autorités congolaises affirment que ces massacres constituent des « crimes de guerre » et des « crimes contre l’humanité ». Plus grave encore, le document évoque une « dynamique prolongée de violences planifiées », appelant à un examen approfondi au regard de la Convention de 1948 sur le génocide.
« Le caractère massif des exécutions et leur répétition dans le temps constituent des éléments graves qui appellent une réponse internationale immédiate », précise le communiqué.
Le gouvernement provincial ne se contente pas de dénoncer les exécutants directs. Il souligne que le soutien logistique et opérationnel de Kigali à la rébellion engage la responsabilité internationale de l’État rwandais.
S’appuyant sur les principes de responsabilité pénale des supérieurs hiérarchiques (articles 25 et 28 du Statut de Rome, Ndlr), Kinshasa et les autorités provinciales exigent que les planificateurs et les soutiens de ces tueries répondent de leurs actes devant la justice.
Face à cette situation, le Sud-Kivu formule plusieurs exigences fermes : l’ouverture immédiate d’une enquête internationale indépendante ; l’identification et la poursuite de tous les responsables, quel que soit leur rang ; ainsi que l’application stricte de la Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies.
Le gouverneur Jean-Jacques Purusi martèle que le silence face à de tels crimes constituerait une « tolérance inacceptable ».
Yannick Warangasi




