Un plaidoyer pressant en faveur de l’élaboration d’un plan national intégré et multisectoriel de lutte contre l’insécurité et le terrorisme a été lancé à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, à l’issue d’une séance de sensibilisation des jeunes.
Intervenant au cours de cette activité, Me Papy Kabagambe, assistant projet au sein de l’Asbl Ubuntu Panafrika, section de l’Ituri, a insisté sur la nécessité pour le gouvernement congolais de doter le pays d’un cadre stratégique clair et coordonné pour faire face à la persistance des menaces sécuritaires.
« Il est impératif que le gouvernement mette en place un plan national intégré et multisectoriel de lutte contre l’insécurité et le terrorisme. Un tel instrument permettrait d’harmoniser les interventions, de renforcer la coordination entre les services et d’impliquer efficacement toutes les couches de la population, notamment la jeunesse », a-t-il déclaré.
Selon lui, l’absence d’une ligne directrice globale limite l’impact des initiatives locales et complique la synergie entre les acteurs institutionnels, la société civile et les communautés de base. Il a souligné que la situation sécuritaire dans l’Est du pays exige une approche structurée, préventive et participative.
La sensibilisation des jeunes de la ville de Bunia a ainsi servi de cadre pour rappeler que la jeunesse ne doit pas être considérée uniquement comme victime de l’insécurité, mais comme un partenaire stratégique dans la recherche de solutions durables.
« Les jeunes constituent une force dynamique capable de contribuer à la prévention de la criminalité, à la dénonciation des comportements suspects et à la promotion du vivre-ensemble. Toutefois, leur engagement doit s’inscrire dans une vision nationale cohérente »,a ajouté Me Papy Kabagambe.
Les échanges ont également mis en avant l’importance d’un partenariat renforcé entre les services de sécurité, les leaders communautaires et les organisations de la société civile. Pour les intervenants, un plan intégré permettrait de clarifier les responsabilités, de définir des priorités communes, et d’assurer un suivi rigoureux des actions menées sur le terrain.
De son côté, Jacques Pele, président urbain de la jeunesse de Bunia, a soutenu cette démarche, appelant les autorités nationales à écouter les préoccupations exprimées par les jeunes.
« La sécurité est une responsabilité partagée. Mais pour que notre contribution soit efficace, elle doit être encadrée par une politique nationale inclusive, qui tient compte des réalités locales et des défis spécifiques de nos provinces », a-t-il affirmé.
Les participants ont également recommandé que le futur plan intègre des volets liés à l’éducation civique, à la lutte contre la manipulation et les discours de haine, à la réinsertion des jeunes vulnérables, ainsi qu’au renforcement des mécanismes communautaires d’alerte précoce.
Cette démarche s’inscrit dans le cadre du projet
« Wapi jiwe langu juu ya usalama ya Mashariki ya Kongo kwa usalama »,mis en œuvre notamment dans les territoires de Beni et d’Irumu, visant à contribuer à la lutte contre le terrorisme et les groupes armés dans l’Est du pays.
La sensibilisation des jeunes de Bunia a été organisée conjointement entre l’Asbl Ubuntu Panafrika et le Service d’éducation civique, patriotique et d’actions sociales (SECAS), avec l’appui financier et matériel de ses partenaires.
Chadrack Byaruhanga depuis Bunia






