Après l’étape de Goma, au Nord-Kivu (RDC), la Conférence des hommes de Dieu pour la paix et la réconciliation dans la sous-région de Grands lacs (COHDERP) a été organisée mardi 17 février à Gisenyi, dans le district de Rubavu, au Rwanda.
Ce pays a une histoire douloureuse : le Génocide de 1994, où les communautés, particulièrement les Tutsis, ont été prises pour cible dans une guerre qui aura coûté la vie à près d’un million de personnes.

Pour ce faire, au moins 200 personnes dont 140 venues de la République démocratique du Congo, ont visité le mémorial du Génocide à Kigali, au Rwanda, où l’histoire de ce pays a été racontée notamment au travers des témoignages.
Cette délégation, essentiellement composée des hommes de Dieu de différentes confessions religieuses, s’est inclinée devant le mémorial, avant le dépôt des gerbes de fleurs et la visite du musée.

« Visiter Kigali, le site mémorial du Génocide, c’était pour que les gens puissent voir et comprendre la gravité de la chose », a laissé entendre le Bishop Félix Gakunde, président de la Conférence des hommes de Dieu pour la paix et la réconciliation dans la sous-région de Grands lacs.
Parlant de la réconciliation, les hommes de Dieu se sont rendus au centre de Démobilisation et réinsertion (DDR) de Mutobo, où se retrouvent les rapatriés de Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR). Ici, ces rapatriés apprennent divers métiers et d’autres notions pouvant faciliter leur réintégration dans la société rwandaise.

« Nous sommes ici pour voir des gens qui ont quitté les forêts (FDLR, Ndlr) pour regagner le Rwanda, leur pays », introduit-il. « Il y a beaucoup de théories qui disent que les gens qui rentrent des forêts, ils viennent être incarcérés ou même tués ».
Bishop Félix Gakunde indique que le travail n’est pas encore fini. À l’en croire, la mobilisation et la sensibilisation devront continuer pour gagner plus « d’âmes » dans la recherche de la paix.
« Nous allons mobiliser les gens, sensibiliser les gens afin que la paix soit la langue courante », a laissé entendre le Bishop Félix Gakunde.

À l’issue de ces deux jours intenses, les participants à cette conférence ont alors pris cinq résolutions, cheval de bataille pour pouvoir restaurer la paix dans la sous-région de Grands lacs. Ils se sont engagés à promouvoir la transformation intérieure comme fondement d’une paix durable ; prêcher la réconciliation, le pardon et la cohabitation pacifique ; encourager l’éducation morale et spirituelle ; soutenir des initiatives de paix locales et encourager les communautés à prendre en charge leur processus de paix.
D’autres engagements tiennent à la lutte contre l’idéologie de discrimination et de discours de haine, où la tolérance zéro a été proclamée ; la sensibilisation au rapatriement volontaire des réfugiés ; promouvoir le dialogue inter-religieux et intercommunautaire ; et le plaidoyer pour la paix dans la sous-région de Grands lacs.
Rappelons ici que la Conférence des hommes de Dieu pour la paix et la réconciliation dans la sous-région de Grands lacs a été lancée le 04 février dernier dans la ville de Goma, au Nord-Kivu. Les organisateurs ont indiqué que cette même rencontre devra s’organiser dans d’autres zones au lendemain de Gisenyi, au Rwanda, question de toucher plus de personnes.
Guerschom Mohamed Vicci




